Sanofi dément avoir sous-noté des salariés pour les licencier

Le 16 juin 2017 par H.B.
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Le géant français a démenti avoir pratiqué une politique de sous-évaluation et de classement de ses salariés, aussi appelée « ranking forcé », dans le but de les licencier plus facilement. C'est ce dont l'accuse le syndicat Force ouvrière ainsi que France Inter, qui a publié une longue enquête, documents à la clef, le 10 juin dernier. Dans une « mise au point » que nous avons pu nous procurer, le laboratoire affirme n'avoir « jamais pratiqué de ranking forcé », une pratique illégale « qui n'a jamais été envisagée par l'entreprise ». « L'évaluation des collaborateurs est une question très importante et nous prenons ce sujet très au sérieux. Si des dérives ont pu être observées, il s'agit d'initiatives individuelles contraires à nos valeurs et d'exceptions qui appellent toute notre vigilance », assure l'entreprise. Chez Sanofi, 30 000 cadres, dont 7 000 en France, sont évalués selon une méthode de notation qui conditionne le montant de leur bonus, part variable de leur rémunération, détaille le groupe. La grille d'évaluation comprend neuf cases, pour évaluer deux grands paramètres : le niveau de réalisation des priorités (objectifs) de l'année évaluée, et le niveau de tenue de poste. Un tel dispositif permet « d'accompagner les salariés dans leur développement et de forger une culture commune basée sur la performance et le développement professionnel », précise Sanofi.

Mais selon le syndicat FO, cette méthode aurait servi à créer des quotas préétablis de groupes de salariés plus ou moins performants. Selon Pascal Lopez, délégué syndical central FO-Sanofi Aventis Groupe, des dirigeants auraient ainsi, de façon réitérée, décidé par avance d'un pourcentage d'évaluations négatives : 10 % fin 2015, puis 15 % ramenés à 7 % en 2016. Dans l'enquête de France Inter, des cadres supérieurs témoignent ainsi, mails à la clef, de consignes reçues de leurs managers, leur demandant d'atteindre 10 à 15 % de salariés « médiocres » ou « peu performants », quitte à sous-évaluer des collaborateurs « qui ne le méritaient pas », et ce, sans réel motif. Des cadres supérieurs sont allés jusqu'à demander à leur hiérarchie d'être eux-mêmes sous-évalués pour ne pas avoir à déclasser un de leurs salariés. Selon Pascal Lopez, cette méthode serait en fait un plan social « low cost » mis en place par l'entreprise pour se séparer d'éléments dont elle ne peut pas se défaire autrement, notamment par le plan de départs volontaires en cours. Le syndicaliste évoque même une liste noire nominative de 200 salariés à licencier dans le monde, dont 77 en France, liste qui aurait été détruite en mars, après que le syndicat ait interpellé la direction. Sanofi conteste fermement ces allégations et assure que « la politique de l'entreprise en matière de ressources humaines est basée sur deux principes fondamentaux qui sont le respect des personnes et la stricte conformité avec les dispositifs réglementaires et légaux des pays dans lesquels elle opère. » Et d'ajouter qu'« il existe en outre des lignes d'alerte pour faire remonter des comportements qui seraient contraires aux pratiques de Sanofi. » Pascal Lopez assure, de son côté, avoir présenté des preuves indiscutables à la direction, avant de décider de les révéler à France Inter. La prochaine étape sera d'aller en justice, « si la direction générale ne veut rien savoir », prévient le syndicaliste.


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