Résultats 2016 : les géants américains en forme malgré la concurrence

Le 03 février 2017 par Hélène Bour
Eli Lilly

Malgré la concurrence toujours plus rude des génériques et des biosimilaires, les géants pharmaceutiques américains Bristol-Myers Squibb, Eli Lilly et AbbVie ont effectué de belles performances lors de l'exercice 2016. Leur combine : compenser les pertes par une augmentation des ventes de leurs nouveaux médicaments.

Eli Lilly en vogue grâce au Trulicity

L'Américain Eli Lilly a publié ses résultats pour 2016, en hausse de 7 % par rapport à l'année passée, avec des revenus à 21,2 milliards de dollars. Le revenu opérationnel culmine à 3,4 Mrds $, en progression de 29 %, et le bénéfice net à 2,7 Mrds $ (+14 %). Une croissance qui est surtout due à la hausse des volumes de ventes, sachant que les prix et l'incidence des taux de change ont été relativement stables, note Eli Lilly. L'augmentation du volume mondial des ventes est surtout attribuable au Trulicity, un nouvel antidiabétique de type 2 injectable, qui a enregistré un chiffre d'affaires de 926 M $ contre 249 M$ en 2015. D'autres médicaments du groupe ont tiré leur épingle du jeu, notamment l'anticorps monoclonal Cyramza (ramucirumab) (614 M$, +60 %), l'antidiabétique Jardiance (empagliflozine) (201,9 M $ contre 60 M$ en 2015) et l'immunosuppresseur Taltz (ixekizumab), qui a obtenu l'autorisation de mise sur le marché européen en avril 2016. Les trois produits pharmaceutiques phares de Lilly ont gardé leurs positions de leaders, Humalog en tête avec 2,7 Mrds $ de chiffre d'affaires (-3 %), suivi par Cialis (2,4 Mrds $, +7 %) et Alimta (2,28 Mrds $, -8 %). À noter que l'anticorps Erbitux a affiché une croissance de 42 %, suite au transfert des droits de commercialisation à Lilly pour l'Amérique du Nord. Pour Lilly, les augmentations de volumes ont partiellement compensé l'impact de la perte d'exclusivité de plusieurs médicaments, comme Cymbalta en Europe et au Canada, Zyprexa au Japon et Alimta dans plusieurs pays. Quant à la division santé animale du groupe, elle s'est maintenue à 3,15 Mrd $ soit une baisse d'1 % par rapport à l'exercice 2015. Pour 2017, le laboratoire pharmaceutique d'Indianapolis vise des revenus entre 21,8 et 22,3 Mrds $, à la fois grâce à ses produits lancés récemment et à son portefeuille existant.

Lilly met fin à sa collaboration avec Adocia sur Biochaprone Lispro

La société lyonnaise de biotechnologies Adocia a été informée le 26 janvier de la décision d'Eli Lilly de mettre fin au contrat de collaboration de recherche et d'accord de licence de décembre 2014 pour le développement de l'insuline ultrarapide d'Adocia, BioChaperone Lispro, contre le diabète de type 1 et de type 2. Eli Lilly développerait en parallèle un produit similaire « maison » au moins aussi efficace.

Bristol-Myers Squibb boosté par l'oncologie

L'Américain Bristol-Myers Squibb a dévoilé des résultats très positifs pour l'exercice 2016. Le chiffre d'affaires du groupe a progressé de 17 %, passant de 16,5 à 19,4 milliards de dollars. Son bénéfice avant impôt culmine à 5,9 Mrds $, contre 2,07 Mrds en 2015. Belle progression également pour le bénéfice net, à 4,4 Mrds contre 1,5 Mrd l'année passée. Selon BMS, cette croissance a été portée essentiellement par les ventes de Opdivo (nivolumab) dans le traitement du cancer bronchique non à petites cellules, et par celles de l'anticoagulant Eliquis (apixaban). Produit vedette de BMS approuvé fin 2014 par la FDA, Opdivo a enregistré des ventes de 3,8 Mrds $, contre 942 M $ en 2015. De son côté, Eliquis enregistre une hausse des ventes de 80 %, à 3,3 Mrds $. L'anticancéreux Sprycel affiche une croissance dynamique de ses ventes avec 1,8 Mrd $ (+13 %). En revanche, bilan négatif pour la division virologie de BMS, dont les six médicaments ont vu leurs ventes chuter de 2 à 20 % en 2016. Du côté de la franchise de l'hépatite C (-2 % à 1,5 Mrd $), cette chute s'explique notamment par la concurrence, avec les produits de Gilead et d'Abbvie. Pour 2017, BMS table sur un bénéfice ajusté par action compris entre 2,7 et 2,90 $, soit à peu près la même chose qu'en 2016, puisqu'il était de 2,83 $ (+41 %).

 

Plus 12 % pour les ventes d'AbbVie

Le laboratoire américain AbbVie affiche de bons résultats sur l'année 2016. Il enregistre des revenus nets de 25,6 milliards de dollars (23,7 Mrds €), dont 15,9 Mrds $ rien qu'aux États-Unis. Ce qui représente une hausse de 12 % par rapport à 2015. Le revenu opérationnel s'élève à 9,38 Mrds $ contre 7,5 Mrds $ en 2015, et le bénéfice net à 5,9 Mrds contre 5,1 Mrds $ l'année passée. Ce sont toujours les ventes de son anticorps monoclonal Humira (adalimumab) qui lui rapportent le plus, avec 16 Mrds $ de chiffre d'affaires en 2016, soit une progression de 14,7 %. Il est suivi par l'Imbruvica (ibrutinib), contre la leucémie lymphoïde chronique (LLC), qui affiche des ventes d'1,8 Mrd $, dont 1,5 Mrd $ aux États-Unis. Approuvé en 2013 pour le traitement de la LLC, il a été développé par Pharmacyclics (désormais filiale d'AbbVie) et Janssen est titulaire de son AMM en Europe (CPH n°765). En troisième position, le traitement contre l'hépatite C Viekira a vu ses ventes reculer de 7 %, à 1,5 Mrd $, majoritairement hors des États-Unis. Pour AbbVie, il s'agit du résultat de la concurrence toujours plus rude de Gilead Sciences et de Merck and Co aux États-Unis. Les ventes des autres médicaments du groupe ne dépassent pas le milliard de dollars chacun. Pour réduire sa dépendance financière liée aux ventes de l'Humira et se développer davantage dans l'oncologie, AbbVie s'est emparé en 2016 de la société californienne Stemcentrx, spécialisée dans le développement de nouveaux anticancéreux (CPH n°759). Son composé le plus avancé est encore en phase d'essais cliniques. À noter qu'un biosimilaire à l'Humira développé par Amgen a obtenu une autorisation de mise sur le marché de la FDA en septembre dernier.

AbbVie baisse ses prix sur l'hépatite C en France

L'Américain a annoncé des prix à la baisse pour ses traitements contre l'hépatite C chronique en France, désormais proches de ceux de son concurrent MSD (Merck et Co). Suite à la renégociation prévue avec le Comité économique des produits de santé, la combinaison Viekirax/Exviera d'AbbVie sera vendue à un prix de 28 730 € pour 12 semaines pour les patients atteints par le virus de l'hépatite C de génotype 1, contre 42 000 € précédemment.


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