Résultats 2016 : en phase de transition, Sanofi prépare l'avenir

Le 11 février 2017 par Hélène Bour

Le géant pharmaceutique français a dévoilé des résultats stables pour 2016, et prévoit une année 2017 de transition, marquée par des pertes d'exclusivité et de brevets.

Le groupe français Sanofi a confirmé être rentré dans une phase de transition lors de l'annonce de ses résultats pour l'exercice 2016. Le chiffre d'affaires du groupe s'est établi à 33,8 milliards d'euros, soit une baisse de 0,7 % par rapport à l'exercice précédent. Cependant, Sanofi n'a pas inclus dans son chiffre d'affaires global son activité santé animale Merial, puisqu'il l'a cédée à l'Allemand Boehringer Ingelheim, en échange de son activité santé grand public, qu'il n'a pas intégrée non plus, conformément aux normes. Le bénéfice net du groupe a progressé de 9,8 % à 4,7 Mrds €, mais le résultat net des activités a, quant à lui, reculé de 0,9 % à 7,3 Mrds €.

La légère décroissance des ventes 2016 est due à un équilibre entre deux dynamiques contraires, l'an dernier. D'un côté, Sanofi a sû tirer son épingle du jeu grâce aux ventes de ses global business units (GBU) Sanofi Genzyme (médecine de spécialité) et Sanofi Pasteur (vaccins), qui ont progressé respectivement de 17,3 % à 5 Mrds € et de 8,8 % à 4,5 Mrds €. Dans la médecine de spécialité, c'est la franchise sclérose en plaques qui progresse le plus, avec un chiffre d'affaires d'1,7 Mrd € (+56,1 %), suivie par la franchise maladies rares avec +11,7 % (2,7 Mrds €). En revanche, la franchise oncologie de Sanofi peine encore à s'imposer sur le marché, et enregistre une baisse de 2,2 % (1,4 Mrd €). Du côté de la franchise diabète, là aussi le bilan est mitigé, voire décevant. Si le médicament Toujeo continue à gagner des parts de marchés en Europe et au Japon, les ventes du produit phare de Sanofi, son insuline de longue durée Lantus sont en recul 9,4 % à 5,7 Mrds €. Sanofi explique cette baisse par un prix net moyen plus faible aux États-Unis, la concurrence d'un biosimilaire en Europe et le changement de traitements, de Lantus à Toujeo, pour un certain nombre de patients aux États-Unis et en Europe. Le groupe espère faire mieux en 2017 pour cette franchise grâce au lancement du Soliqua 100/33 opéré aux États-Unis en ce début d'année et au Suliqua autorisé dans l'Union européenne. Au niveau géographique (voir graphique ci-contre), c'est au Japon que Sanofi a rencontré le plus de difficultés, le chiffre d'affaires ayant chuté de 24,8 % à 1,68 Mrd €. Un recul imputable notamment aux génériques de Plavix (antiagrégant plaquettaire) et de Taxotere (cancer du sein).

Sanofi tourné vers l'immunologie

Lors de l'annonce des résultats, Olivier Brandicourt, p-dg de Sanofi, et Jérôme Contamine, directeur financier, ont tous deux insisté sur l'enjeu de l'année 2017. Il s'agit pour le groupe d'« une année importante pour construire un pipeline de qualité à même de faire la différence ». Pour cela, Sanofi compte se concentrer « sur des produits de meilleure profitabilité et rentabilité », éviter « les coûts inutiles », sans pour autant le faire « au détriment des éléments essentiels », a déclaré Jérôme Contamine. De son côté, Olivier Brandicourt a insisté sur la « situation très spécifique » de Sanofi, qui va être confronté à la fois à une perte d'exclusivité pour Lantus avec la mise sur le marché de biosimilaires, à la perte de brevets, et à la nécessité de lancer des investissements importants en R&D. Le p-dg a notamment assuré la volonté du groupe de bâtir une position concurrentielle en immunologie. Deux traitements sont en effet dans les tiroirs dans ce domaine thérapeutique : Kevzara contre la polyarthrite rhumatoïde, qui vient d'être homologué au Canada, et Dupixent, contre la dermatite atopique, qui devrait obtenir le feu vert de la FDA en mars prochain. Ce dernier suscite beaucoup d'espoir car il pourrait s'appliquer à d'autres pathologies inflammatoires. En R&D, Sanofi possède en outre cinq nouvelles entités moléculaires entrées en phase d'étude d'enregistrement en 2016, pour le traitement de plusieurs pathologies distinctes, notamment le diabète et l'oncologie. Sur ce dernier domaine thérapeutique, Sanofi, loin de vouloir devenir le leader, compte jouer la carte des combinaisons, car c'est ce qu'il considère comme les traitements du futur contre les cancers.

Le Praluent finalement maintenu sur le marché américain

Sanofi et Regeneron Pharmaceuticals ont annoncé, le 9 février, que la Cour d'appel des États-Unis pour le circuit fédéral a accordé la suspension de l'injonction permanente visant le produit injectable Praluent (alirocumab) pendant la durée de la procédure d'appel engagée par les deux entreprises, poursuivies par Amgen pour contrefaçon de brevets. Le Praluent continuera donc d'être commercialisé aux États-Unis pendant la durée de la procédure d'appel, un soulagement pour Sanofi puisqu'il s'agit d'un médicament prescrit actuellement à 18 000 patients et qui a généré 105 M€ de revenus en 2016.


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