MilliDrop veut révolutionner la microbiologie par la millifluidique

Le 10 décembre 2016 par Dinhill On

La société MilliDrop a officiellement présenté son appareil dédié à l'analyse à haut débit : le MilliDrop Analyzer. Une innovation qui va lui permettre d'adresser les marchés de la recherche académique ou des sciences de la vie.

Et si c'était la fin des boîtes de Pétri et autres flasques pour la culture cellulaire ? C'est ce qui pourrait bien arriver avec la technologie développée par la société MilliDrop, spécialisée dans les technologies millifluidiques. Cette entreprise a été créée en 2015 à la suite de plusieurs années de recherche au sein de l'École supérieure de physique et de chimie industrielles (ESPCI) à Paris. « L'histoire de MilliDrop a commencé en 2007 avec les travaux de deux thèses au sein du laboratoire Colloïdes et Matériaux divisés de l'ESPCI. Ces études ont abouti à une preuve de concept sur un appareil automatisé de culture cellulaire basé sur la millifluidique », raconte Laurent Boitard, président et cofondateur de MilliDrop. C'est à partir de 2013 que tout s'est accéléré, avec le Concours national de création d'entreprises innovantes. Le projet a remporté le concours dans la catégorie « en émergence », obtenant en récompense 25 000 € de la part de BPI France pour financer la faisabilité économique du projet. En outre, l'entreprise de 7 salariés a reçu le soutien financier de la SATT IDF Innov pour mettre au point un prototype. « Le fonds d'amorçage Quadrivium 1 de Seventure Partners nous a également permis de lever une somme d'un million d'euros pour mettre au point la version alpha du MilliDrop Analyzer qui est sortie en mars 2016 ».

De multiples avantages apportés par la millifluidique

La technologie de rupture de MilliDrop s'adresse à plusieurs segments de marchés des sciences de la vie : les laboratoires de recherche académique, la microbiologie industrielle et le diagnostic. « Le MilliDrop Analyzer trouve aussi bien des applications en R&D touchant à la microbiologie comme l'agroalimentaire (probiotiques), l'agrochimie, ou la santé (pharmacie, biotechnologies) », précise Laurent Boitard. L'appareil permet de réduire la taille des échantillons à celles de gouttes de l'ordre du millimètre. Ce qui donne la possibilité de cultiver et d'analyser en parallèle et de manière automatisée plusieurs milliers d'échantillons en réduisant le volume de réactifs d'un facteur 1 000. Les gouttelettes d'échantillon sont formées à partir d'un tube ou d'une microplaque, et aspirées dans un capillaire conduisant à l'intérieur de l'analyseur. Chaque goutte est isolée des autres par une bulle d'air, ce qui exclut tout risque de contamination ou d'évaporation. En gardant leur ordre respectif, les échantillons millimétriques sont passés devant des modules de lecture en fluorescence et en diffusion de lumière, ce qui permet ainsi de détecter la croissance des micro-organismes et les molécules exprimées par ceux-ci. Le dispositif peut être complété par des modules complémentaires. Un système d'injection qui permet d'ajouter des composés au sein d'une goutte précise à n'importe quel moment de l'analyse. Le deuxième est un module de tri, aidant à collecter des gouttes ciblées par l'utilisateur pour réaliser des analyses complémentaires. En outre, MilliDrop travaille actuellement sur d'autres modules comme celui de multiplexing (multidosage) pour tester différentes conditions de culture ou un autre pour l'ajout progressif d'échantillons lors de l'arrivée sur la plateforme d'analyse.

Une stratégie de croissance basée sur les partenariats

Pour se développer, MilliDrop entend nouer des partenariats avec des laboratoires. La société va notamment collaborer étroitement avec les laboratoires de l'ESPCI, dont les innovations pourraient directement lui profiter. Dans le domaine du diagnostic, l'entreprise souhaite coopérer avec des laboratoires cliniques, ce qui lui permettra d'optimiser les résultats obtenus par le MilliDrop Analyzer en comparaison avec les méthodes traditionnelles. « Cette stratégie de partenariats va nous permettre de multiplier les preuves de concepts et les applications », indique Laurent Boitard. Avant d'ajouter : « Il n'est pas exclu que l'on modifie notre business model actuel pour en adopter un autre davantage basé sur le leasing ou la commercialisation de consommables ».

En ce qui concerne les perspectives de développement de la technologie en elle-même, MilliDrop prévoit de concevoir un système aidant à observer, au sein d'une goutte, les interactions entre plusieurs bactéries. Elle a également pour ambition de reproduire un milieu anaérobie et d'élargir le spectre de bactéries cultivables au sein d'une goutte. « Nous avons l'objectif de doubler chaque année notre chiffre d'affaires sur les trois prochaines années », soutient Laurent Boitard. Par conséquent, MilliDrop prévoit de se doter de moyens supplémentaires. La société prévoit en 2017 une nouvelle levée de fonds « de l'ordre de 7 à 8 millions d'euros », ainsi que le recrutement de personnel pour passer à un effectif d'une dizaine de collaborateurs. En outre, il travaille déjà à une version commerciale de son prototype de MilliDrop Analyzer afin d'en faciliter l'industrialisation. « Cette version devrait sortir courant 2017, et bénéficiera de toutes les homologations (marquage CE, etc.) en vue d'une commercialisation. Notre volonté étant à terme que l'appareil présente un coût d'investissement inférieur à 50 000 € contre 100 000 actuellement », détaille Laurent Boitard. Avant de conclure : « Notre objectif intime est de démocratiser la technologie dans l'ensemble des laboratoires de R&D en microbiologie, à l'instar de ce qui s'est fait pour la PCR ou les spectromètres de masse ».

MilliDrop en bref

- Création en 2015 - Effectif : 7 collaborateurs - Effectif prévu en 2017 : > 10 salariés - Marchés visés : R&D académique, microbiologie industrielle (agroalimentaire, agrochimie, biotechnologies), et diagnostic clinique - Partenaires : ESPCI Paris, université de Wageningue, Institut Pierre-Gilles de Gennes, Paris Biotech Santé, SATT IDF Innov, BPI France, Région Île-de-France, Medicen, Paris Région Entreprises.


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