Merck KGaA met de l'ordre dans sa division Life Science en Europe

Le 17 juillet 2017 par Hélène Bour
Ligne de remplissage de l’anticancéreux Erbitux au sein de l’usine de Merck KGaA de Darmstadt (Allemagne).
©Merck KGaA

Le géant allemand réorganise sa division Life Science en Europe, en regroupant ses activités de remplissage et de distribution sur un seul et même site, au détriment de quatre sites allemands voués à la fermeture. Une réorganisation qui fait suite au rachat de Sigma-Aldrich, opération pour laquelle Merck est visé par une enquête de la Commission européenne.

Le laboratoire allemand a annoncé une nouvelle phase dans ses efforts de réorganisation en Europe. Merck KGaA entend en effet optimiser le remplissage manuel et la distribution de produits chimiques et de réactifs de laboratoires non réglementés. Pour ce faire, le groupe va regrouper ces activités, actuellement présentes sur ses sites allemands de Darmstadt, Steinheim et Hohenbrunn, de Buchs (Suisse) et de Molsheim (France), sur un centre de distribution central basé à Schnelldorf, en Allemagne. En conséquence, le groupe relocalisera une partie des activités de ses installations de Steinheim, Eppelheim, Hohenbrunn et Berlin (Allemagne), qui seront ensuite définitivement fermées au cours de la période allant de 2019 à 2022. Ces fermetures engendreront la perte de 200 emplois d'ici à 2022, annonce le laboratoire allemand. En parallèle, Merck prévoit d'investir environ 90 millions d'euros pour développer les capacités de son site de Schnelldorf, mais aussi de ceux de Darmstadt, Buchs et Molsheim. Quant au site de Hambourg (Allemagne), il continuera ses activités sans être impacté par cette réorganisation, a précisé le groupe.

« La centralisation du remplissage de petites quantités et leur distribution continuera d'augmenter notre rapidité à répondre aux demandes des clients. C'est ce en quoi excelle Sigma-Aldrich, que nous avons récemment acquis, et nous voyons déjà les impacts positifs de cet effort en Amérique du Nord », détaille Udit Batra, membre du conseil d'administration et directeur général de la division Life Science de Merck. « Notre responsabilité envers les clients et envers nos employés reste de la plus haute importance. Comme notre solide histoire l'a prouvé, en nous associant à des organismes représentatifs des employés dans les différents pays concernés, nous nous sommes engagés à proposer des solutions justes et acceptables pour les personnes touchées par les plans de réinstallation », a ajouté Udit Batra, sans préciser la teneur des propositions faites aux employés dont les postes sont menacés.

Depuis l'acquisition de Sigma-Aldrich en 2015 (CPH n°690), la division Life Science de Merck comprend 65 installations de production, 130 centres de distribution dans le monde, et compte plus de 19 000 employés répartis dans 66 pays. De telles réorganisations ont déjà été conduites par le groupe aux États-Unis, mais aussi en Chine, en Irlande et au Japon.

Merck et Sigma-Aldrich accusés par l'UE

Parallèlement à cette restructuration, le géant allemand est visé par une enquête de l'Union européenne, qui pourrait lui coûter la bagatelle de 170 M€. La Commission européenne, qui a donné son feu vert à la fusion Merck KGaA/Sigma-Aldrich, accuse ces derniers de ne pas avoir respecté la procédure relative à cette acquisition en matière de concentrations, notamment en lui fournissant des informations inexactes. Si elle ne prévoit pas de retirer son feu vert, la Commission a ouvert une enquête afin de vérifier si ses soupçons sont fondés, et le cas échéant, de prononcer une amende à l'encontre des deux parties. La Commission a conclu, à titre préliminaire, que Merck et Sigma-Aldrich ne lui avaient pas fourni des informations importantes sur « un projet d'innovation présentant de l'intérêt pour certains produits chimiques de laboratoire au coeur de l'analyse de la Commission ». Or « si la Commission avait été dûment informée de ce projet, ce dernier aurait dû être inclus dans le paquet de mesures correctives », note-t-elle. « L'innovation en question était étroitement liée à l'activité cédée et était susceptible de déboucher sur une augmentation substantielle des ventes de celle-ci. Sa non-inclusion compromettait la viabilité et la compétitivité de cette entité », détaille-t-elle encore. Merck a, entre-temps, accepté d'accorder des licences pour la technologie concernée à Honeywell, l'acquéreur de l'activité cédée. La Commission précise cependant que cela s'est toutefois produit avec près d'un an de retard, et seulement parce qu'un tiers avait attiré l'attention de la Commission sur cet aspect. Si ce méfait est avéré, l'amende pourrait représenter jusqu'à 1 % du chiffre d'affaires annuel mondial de Merck, une fois la fusion effective, chiffre d'affaires qui s'élevait à 17 Mrds € en 2016.


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