Laboratoire : Interscience accélère le contrôle microbiologique

Le 01 juillet 2017 par À Mourjou, Nicolas Viudez
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Le site Interscience de Mourjou, dans le Cantal.
Le site Interscience de Mourjou, dans le Cantal.
©Interscience

L'entreprise familiale Interscience produit au coeur du Cantal et exporte dans le monde entier ses équipements dédiés à la microbiologie. Avec la sortie prochaine du Scanstation, destiné à faciliter le comptage des cultures sur boîtes de Petri, Interscience vise aussi le secteur pharmaceutique et le contrôle d'environnement en salles propres.

Une petite route de campagne plonge depuis le village de Mourjou vers le site de production d'Interscience et ses 6000 m2, nichés dans un écrin de verdure hors du temps. C'est ici, à une trentaine de kilomètres d'Aurillac, dans le sud du Cantal, au coeur d'un terroir appelé la Châtaigneraie, qu'est installée depuis 1994 l'entreprise familiale spécialisée dans les solutions d'analyses microbiologiques. Un cadre champêtre inhabituel pour une installation industrielle de production, de stockage et de R&D qui emploie aujourd'hui une quarantaine de personnes. Le jeune directeur du site, Emmanuel Jalenques, qui partage son temps entre l'usine de Mourjou et les bureaux franciliens de la société, parle volontiers des racines locales de l'entreprise, mais affiche surtout un large sourire en mentionnant ses chiffres à l'international : « On a une balance commerciale positive avec la Chine, ce n'est pas rien ! Au total, près de 80 % de notre production est exportée. ». À son catalogue, la société Interscience développe et fabrique du matériel scientifique pour la microbiologie, dont une grande partie dédiée à l'agro-alimentaire : ensemenceurs, malaxeurs, dilueurs mais aussi sacs stériles destinées aux analyses d'échantillon. Ces sacs consommables, fabriqués également à Mourjou, représentent une partie importante de l'activité du groupe. Depuis 2006, la société a également lancé des compteurs automatiques de colonies sur boîte de Petri, avec sa gamme Scan. Une offre qui va s'étoffer dans les mois à venir avec l'arrivée du Scanstation.

 

Un équipement pour la détection rapide des colonies bactériennes

 

La sortie de ce nouvel appareil d'incubation et de comptage de colonies en temps réel, récompensé au dernier salon Forum Labo, pourrait lui ouvrir davantage les portes de l'industrie pharmaceutique. Un secteur qui représente actuellement 20 % de son activité avec des clients tels que Boiron, Sanofi, Novozymes et Pfizer. Le Scanstation (voir notre photo) a la taille d'un meuble et permet de ranger une centaine de boîtes de Petri, placées dans un carrousel. Dans l'étuve thermo-régulée, chaque boîte saisie par un bras-robot sera filmée et analysée toutes les trente minutes pour détecter et visualiser le développement de colonies bactériennes. Sur l'écran tactile de l'appareil, les différentes boîtes apparaissent ainsi sous forme d'un cercle coloré et un simple chiffre permet de visualiser instantanément le nombre de colonies présentes. « L'intérêt est de pouvoir suivre en temps réel la croissance des bactéries et de gagner du temps, l'appareil permet des détections 3 fois plus rapides, à partir de 8 heures de temps d'incubation » souligne Emmanuel Jalenques. Un comptage rendu possible par une caméra 5 millions de pixels, optimisée pour permettre la lecture de colonie à partir de 50 micromètres de diamètres. « Nous avons fait tout un travail en phase de R&D pour déterminer le meilleur rapport entre la résolution de la caméra et la taille des fichiers générés ». À l'avenir le Scanstation, dont la sortie est prévue uniquement en France dans un premier temps, se déclinera dans des versions augmentées, capables de charger 200 et 300 boîtes de Petri. Emmanuel Jalenques, qui par sa formation d'ingénieur participe aux programmes de développement met également en avant l'ergonomie du produit : « Nous avons conçu cet équipement pour qu'il soit ouvert à tous types de boîtes de Petri proposées par les différents fournisseurs ».

 

Les contrôles en salle propre dans le viseur

 

« On est démarché par des industriels de la pharma, l'intérêt numéro 1 concerne son utilisation pour les contrôles d'environnements dans les salles propres », souligne Emmanuel Jalenques. Des opérations pour lesquelles la rapidité et l'automatisation du Scanstation sonnent comme des arguments de poids pour des opérations de contrôle qualité souvent complexes, notamment en ce qui concerne le prélèvement et le traitement des échantillons. « Ce qui intéresse le plus la pharma, ce sont les résultats anticipés et la possibilité d'avoir un historique de l'analyse », précise le directeur du site de Mourjou. « Pour cette industrie, l'intérêt est de voir rapidement la détection de colonies et les résultats positifs », souligne Emmanuel Jalenques qui projette l'utilisation possible du Scanstation : « sur un site de production, l'appareil trouverait sa place directement dans la salle propre avec les opérateurs qui s'occupent d'y déposer les échantillons ». Le Scanstation aura nécessité quatre ans et près de deux millions d'euros d'investissement. Pour l'avenir, la société continue le développement de nouveaux produits, en visant la sortie d'un équipement par an. « Nous réinvestissons 15 % de notre chiffre d'affaires dans la R&D », précise Emmanuel Jalenques. « Avec la taille croissante de notre société, on peut se permettre de prendre des risques pour lancer des innovations de rupture ». Interrogé sur l'avenir de la boîte de Petri, le directeur du site se veut plutôt optimiste « De nombreuses technologies alternatives voient régulièrement le jour, mais la boîte de Petri reste le standard », souligne Emmanuel Jalenques. Sur son site de production du Cantal, l'espace se partage entre un vaste espace de stockage destiné à accueillir les pièces détachées de ses équipements et les ateliers de production d'où sortent les appareils. L'étage est consacré à la R&D où programmeurs et ingénieurs se partagent l'open-space pour la conception des équipements et de leurs logiciels. L'activité historique de fournitures de sacs stériles occupe également une vaste partie du bâtiment investi par des filmeuses. En parcourant la piste qui fait le tour du site de production, et qui ceinture un bassin de carpes, on aperçoit le hameau tout proche de Jalenques où a commencé l'aventure Interscience. Les premiers appareils ont été fabriqués dans ce qui sert désormais de grange, signe du chemin incontestable parcouru depuis par l'entreprise.

INTERSCIENCE, UNE HISTOIRE DE FAMILLE

L'entreprise Interscience a démarré par une activité d'import-export d'équipements d'analyses microbiologiques dans les années 70 avant de basculer sur la fabrication d'équipements en propre dans le hameau familial de Jalenques en 1994. La société est dirigée par Emmanuel et Jules Jalenques et emploie désormais 45 salariés sur son site de Mourjou dans le Cantal et 25 salariés sur son site de Saint-Nom-La-Brétèche. L'entreprise, qui ne communique pas son chiffre d'affaires, affiche une croissance annuelle à deux chiffres. Son capital est à 100 % familial, sans investisseurs extérieurs. Interscience possède des bureaux commerciaux à Singapour, aux États-Unis et en Chine.


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