La santé, un des sept domaines prioritaires de la stratégie d'innovation

Le 01 octobre 2014 par Propos recueillis par Aurélie Dureuil
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La région Rhône-Alpes a placé le domaine de la santé parmi les sept domaines stratégiques d'innovation. Une démarche qui s'inscrit dans les programmes de financements européens pour les secteurs concernés. Jean-Louis Gagnaire, vice-président du Conseil régional Rhône-Alpes délégué au développement économique, à l'industrie et aux PME, détaille pour Industrie Pharma cette stratégie.

Industrie Pharma : Quelle est la place de la santé en région Rhône-Alpes ?

Jean-Louis Gagnaire : Il s'agit réellement d'un secteur important pour nous. Il représente 100 000 emplois dont environ 30 000 emplois industriels. Rhône-Alpes représente environ 20 % de l'industrie de la santé en France. À côté des grands groupes, beaucoup de start-up et de PME participent à la dynamique régionale. Plus de 3 500 chercheurs et 3 CHU contribuent à la réussite de la région dans le cadre du programme des investissements d'avenir.

 

Comment évolue ce secteur ?

J.-L. G. : Avant, le secteur reposait beaucoup sur les biotech. Nous cherchons aujourd'hui à faire émerger des projets qui touchent aux protocoles de soins. La région compte tous les laboratoires qu'il faut. Nous avons aussi 3 CHU. De plus en plus, se développe le lien entre médecins, centres de recherche et industrie pharmaceutique. Nous voyons bien que l'environnement est très porteur. Ce n'est pas pour rien que Sanofi renforce sa présence sur l'agglomération lyonnaise.

 

La santé fait partie des sept domaines prioritaires définis par la région dans le cadre de la Stratégie régionale d'innovation (SRI-SI). Pouvez-vous détailler le cadre de cette démarche ?

J.-L. G. : Nous sommes dans une démarche un peu générique à partir des grands enjeux du programme cadre européen Horizon 2020 (ndlr, programme de soutien à la recherche et à l'innovation élaboré par la Commission européenne). Nous avons eu à dégager des domaines considérés comme prioritaires afin de pouvoir gérer des fonds européens.

 

Comment avez-vous mené cette démarche ?

J.-L. G. : Cela a été un travail extrêmement intéressant. Nous avons d'abord remis en perspective tout ce que nous avions fait précédemment. Il fallait être plus large, ne pas se limiter à une filière. Nous avons ensuite mobilisé les acteurs de la région. Nous avons impliqué les autres collectivités territoriales (communautés urbaines, agglomérations, etc.) et des acteurs industriels, académiques et des formations. Au total environ 350 acteurs ont été impliqués pour définir les sept domaines prioritaires et les grands enjeux. C'est sur ces sept domaines que nous allons mettre les priorités financières. Ce travail a permis de générer une dynamique et forger une vision commune entre les acteurs. L'autre avantage de cette démarche a été de créer des synergies entre les acteurs sans se limiter à une approche territoriale. Dans le domaine du médicament, on pense à Lyon mais ce n'est pas que Lyon.

 

Comment seront définis les projets soutenus ?

J.-L. G. : Des groupes de travail sont mis en place dans chacun des domaines de spécialisation intelligente (DSI). Ils vont être menés par un chargé de mission de la région avec ceux qui ont travaillé à définir la stratégie du domaine. Il y aura donc tous les acteurs de la chaîne de l'innovation : des laboratoires, des industriels, des structures de valorisation et des représentants des milieux économiques. Nous ne raisonnons pas par syndicat. Nous voulons des industriels, des vrais. Ces groupes ont la vocation de faire émerger des projets. Ils vont amener des projets, et voir comment ça peut se mettre en route. Une fois ce travail de recensement effectué, ils vont entrer dans le contenu direct des projets. C'est là où nous déciderons des moyens à mobiliser sur ces axes-là, cela consistera dans des crédits de la région et de l'Europe. Et nous essaierons d'amener les autres collectivités territoriales dans le financement. Il faut atteindre une masse critique. Nous pouvons y arriver tous ensemble.

 

Vous voulez également vous rapprocher de projets d'autres régions européennes. Pourquoi ces associations ?

J.-L. G. : Nous allons effectivement voir comment nous pouvons nous marier avec d'autres projets en Europe. Le financement de l'innovation est compliqué pour tout le monde. Nous n'avons pas le droit de passer à côté de financements européens. Cela suppose que nous sachions travailler intelligemment, que nous sachions anticiper les appels à projets européens. Nous pourrions ainsi nous associer à d'autres régions européennes pour répondre à ces appels.

 

Quelles vont être les priorités pour ce domaine Santé personnalisée et maladies infectieuses et chroniques ?

J.-L. G. : L'excellence scientifique doit déboucher sur des applications industrielles et commerciales. Nous devons mobiliser tous nos réseaux de recherche et répondre aux enjeux sociétaux. L'industrie pharmaceutique doit innover encore plus pour mettre de nouvelles molécules sur le marché tout en assurant la sécurité des processus de fabrication. Quand les projets sont sur des phases très amont, il faut essayer d'entrer dans le programme Horizon 2020. Les financements régionaux concernent plus les projets de développement. Il faut mener tous les projets, de recherche et d'industrialisation. Il faut trouver le bon réglage entre les deux. Derrière, il y a un enjeu de création d'emplois.

 

Vous travaillez aussi sur les questions de formation. Comment le secteur de la santé est-il concerné ?

J.-L. G. : L'appareil de formation doit prendre en compte ces différents domaines prioritaires. Nous avons donc inclus la formation des niveaux 1 et 2 (c'est-à-dire post-licence) dans nos 7 DSI. Il faut trouver les collaborateurs dont les entreprises ont besoin et faire que les gens soient formés pour répondre aux offres d'emplois. Sans toutefois entrer dans une spécialisation à outrance des formations. Dans le domaine de la santé, nous organisons des formations initiales mais aussi d'apprentissage dans le supérieur. Ce système est un formidable vecteur de promotion social pour poursuivre des études et il permet aux entreprises de mettre les jeunes en situation et de pouvoir les embaucher ensuite. Dans le domaine de la santé, nous avons ouvert à l'université Jean Monnet à Saint-Étienne un master Juriste pour les industries de santé. Nous devons avoir un système de formation pas trop coûteux et qui permet de répondre aux besoins de toutes les entreprises. Le domaine de la santé mobilise de nombreuses filières. L'écosystème est intéressant et le rôle du Conseil régional vise à ce que tout soit toujours dynamique et interconnecté.

 

20 % du programme des investissements d'avenir en Rhône-Alpes sont consacrés à 27 projets du secteur de la santé.

 

LA SANTÉ AU SEIN DE LA STRATÉGIE RÉGIONALE D'INNOVATION

La région Rhône-Alpes a publié fin 2013 sa stratégie d'innovation au regard de la « spécialisation intelligente ». Un plan qui repose sur 1 Mrd € d'investissement en 7 ans. Alors que le Commission européenne a mis en place le programme cadre 2014-2020 de soutien à la recherche et à l'innovation nommé Horizon 2020, les régions européennes ont été sollicitées pour renouveler leur « stratégie d'innovation » à travers une « spécialisation intelligente » « pour une utilisation des fonds structurels plus ciblée et plus efficace », selon la région Rhône-Alpes. Le Conseil régional a donc déterminé sept domaines d'actions prioritaires. Et parmi eux, la Santé personnalisée et maladies infectieuses et chroniques. La région identifie ce thème avec l'enjeu majeur « de permettre une prévention, un traitement et une gestion adaptée des maladies, en faisant de la région Rhône-Alpes, un acteur majeur de l'innovation médicale dans ses dimensions technologique, organisationnelle et d'usage (pratiques et comportements) ».


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