La réalité virtuelle au service de la santé

Le 05 mai 2017 par NICOLAS VIUDEZ
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La réalité virtuelle est en plein boom, avec l’arrivée d’appareils moins chers et plus sophistiqués, la technologie se démocratise, créant de nouvelles opportunités. Au-delà de la dimension ludique, de nombreuses entreprises y développent des applications en santé.

La première édition du salon Virtuality dédiée à la réalité virtuelle s’est déroulée du 24 au 26 février dernier, à Paris. Si les applications ludiques de cette technologie demeurent prédominantes, un espace dédié à la santé permettait de constater les nombreux débouchés offerts par la réalité virtuelle. Une fois le casque posé, la sensation d’immersion est bluffante. En un mouvement, nous voilà projeté dans un hall d’aéroport, les bruits sont là, les passagers vont et viennent, le décor qui s’affiche en panoramique semble sans fin. La réalité virtuelle fait désormais ses preuves dans le traitement des troubles anxieux ou phobiques. Dans l’équipe marseillaise du Dr Malbos, psychiatre à l’Hôpital de la conception, les casques immersifs deviennent de véritables aides pour les professionnels de santé. La réalité virtuelle s’appuie ainsi sur le principe de la thérapie d’exposition, une technique ancienne pour traiter les troubles anxieux ou les phobies, qui consiste à confronter, de manière graduelle, le patient à l’objet de ses peurs. Avec un avantage certain pour cette technologie qui permet de s’affranchir d’un certain nombre de contraintes «?La réalité virtuelle nous offre une palette de scénarios et de décors impossibles à retrouver dans le réel. Nous n’avons pas d’avion à notre entière disposition pour traiter les patients !?», souligne le Dr Malbos. Tout l’environnement est paramétrable par le médecin qui peut régler le nombre de passagers, les turbulences, en fonction du degré de la phobie. Si le patient a bien conscience d’être dans un espace virtuel, le cerveau n’y voit que du feu «?notre système limbique, qui gère les émotions, réagit plus rapidement que le système logique?», précise le Dr Malbos. La société C2Care qui travaille en partenariat avec le service du psychiatre marseillais propose de nombreux scénarios dédiés au traitement des phobies : «?Nous développons plusieurs types d’applications autour du vertige, de l’agoraphobie, de la peur de l’avion, de la claustrophobie ou même de l’arachnophobie?», détaille Mathilde Barbesier, chargée de communication chez C2Care. La start-up toulonnaise développe également des scénarios pour les troubles du comportement alimentaire ou les addictions. Dans ce dernier cas, il s’agit de placer le patient dans des situations qui vont l’inciter à boire ou à fumer et lui permettent ainsi de prendre conscience de sa conduite. Une offre qui trouve son public, puisque C2Care annonce fournir ses solutions à plus de 200 praticiens en France mais également en Suisse et en Belgique. Si la réalité virtuelle est en progression, les professionnels de santé mettent cependant en garde contre le fait de la considérer comme un traitement à part entière. Les séances en immersion avec la réalité virtuelle viennent ainsi en complément des thérapies traditionnelles. «?On ne lance pas un patient comme ça d’emblée avec le casque, avertit le Dr Malbos. «?C’est un outil pour appliquer des techniques comme la relaxation, la respiration que l’on aura développées avec le patient au cours de plusieurs séances en amont?». Lors de la séance de réalité virtuelle, le médecin reste en permanence au contact du patient, pour lui parler, le rassurer mais aussi moduler l’intensité de l’expérience, si nécessaire. Sur cette question de l’encadrement des applications, le Dr Malbos a d’ailleurs profité du salon Virtuality pour annoncer la création d’une société savante dédiée à la réalité virtuelle dans la santé mentale :
l’INFIRA, Institut francophone et international de réalité virtuelle et augmentée. Une façon d’assurer un regard critique sur ces applications et d’éviter de possibles dérives devant le potentiel de cette technologie.

Un nouveau support de promotion et de formation
Dans l’espace dédié à la santé du salon Virtuality, de nombreuses applications étaient également destinées aux professionnels de santé. La société Revinax utilise ainsi la réalité virtuelle, à la fois comme un outil de formation pour les médecins mais aussi comme un vecteur de promotion pour des dispositifs médicaux. La start-up montpelliéraine a ainsi récemment créé un environnement mettant en scène des pansements hémostatiques de la société Baxter. Une vidéo immersive présente l’utilisation du produit du point de vue d’un chirurgien, une mise en situation qui permet une communication plus efficace et concrète vers les professionnels de santé. Autre application, la formation pour lesquelles plusieurs start-up proposent des solutions. Grâce à la réalité virtuelle, l’étudiant ou le médecin en formation continue peut rapidement se tester sur différents scénarios de prise en charge du patient. «?La réalité virtuelle permet de reproduire des situations, d’acquérir de l’expérience et de former ses étudiants?», souligne le Pr Tesnière, directeur général de la plateforme Illumens. Des possibilités de formation qui trouvent également des déclinaisons dans l’industrie. Des entreprises s’intéressent en effet déjà aux possibilités offertes par la réalité virtuelle pour former les employés sur des techniques complexes de process. De quoi imaginer pour demain des techniciens de l’industrie pharmaceutique formés grâce à la réalité virtuelle ?


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