La France cherche toujours sa place

Le 01 avril 2015 par Aurélie Dureuil
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Le Leem a présenté sa 7e étude sur « l'attractivité de la France pour la recherche clinique internationale ». Des résultats mitigés qui témoignent de la difficulté de maintenir une place dans la recherche clinique internationale.

« La France peut-elle rester un grand pays de recherche clinique ? », c'est sur cette question que Michel Joly, président de la Commission des affaires scientifiques du Leem, a ouvert la présentation de l'étude bi-annuelle. Et pour cette 7e étude sur « l'attractivité de la France pour la recherche clinique internationale », les résultats sont mitigés. Sur le front du nombre d'études réalisées en France, le chiffre a légèrement augmenté, passant, entre 2012 et 2014, de 559 à 563 études pour les 36 entreprises participantes. Et le nombre d'études internationales est passé de 420 en 2012 à 493 en 2014. Au niveau international, les filiales françaises de groupes mondiaux ont capté 498 études contre 420 en 2012. De même, le pourcentage d'études de phases II et III proposées à la France a progressé, passant de 40 % en 2010 à 43 % en 2012 puis 58 %, l'an passé. Soizic Courcier, présidente du groupe Attractivité de la France pour la recherche clinique du Leem, s'est par ailleurs félicitée de « la légère progression des phases précoces œndlr, phases I et IIæ », qui représentent 50 % des études, contre 45 % auparavant. Un point important également pour Patrick Errard, président du Leem qui souligne : « Il faut attirer les phases précoces pour ne pas perdre notre excellence. Il faut comprendre la maladie avant de la traiter ». Les nombres de patients et de centres de recherches cliniques ont, quant à eux, diminué sur la même période, passant respectivement de 22 114 à 14 634 et de 3 152 à 2 672. Une diminution qui n'inquiète pas l'organisation patronale. Soizic Courcier l'explique ainsi par « les portefeuilles de produits en développement qui s'adressent à des populations plus petites ».

En termes de nombre moyen de patients par centre, la France a pourtant perdu des places dans tous les domaines, excepté les maladies rares. Le domaine de l'oncologie domine avec 35 % des études de phases II et III, devant le domaine des anti-infectieux, virologie et vaccins (17 %) et les maladies rares (16 %).

 

La France progresse dans les maladies rares

 

Au niveau international, ces trois domaines restent les mieux classés, mais deux d'entre eux accusent un recul. Si la France a gagné des places dans le domaine des maladies rares passant de la 11e à la 4e place, dans les deux autres elle a reculé en termes de nombre moyen de patients par centre. Dans l'infectiologie, l'Hexagone a perdu une place et se classe 8e derrière l'Allemagne tandis qu'en oncologie, le pays arrive à la 7e place après une 4e place en 2012. Le Leem souligne « une augmentation de la place des États-Unis » ainsi qu' « une forte progression de la région Europe de l'Est qui revient à son niveau de 2010 ». La France décroche par ailleurs la 4e place du nombre de patients recrutés dans des essais avec des biomédicaments, avec 16 % des patients.

En France, le point noir, déjà souligné les années précédentes, reste les délais de signature de contrats hospitaliers. Si la France avait enregistré des améliorations depuis 2006, l'année dernière a été marquée par une nouvelle hausse. Le délai médian entre la soumission et la signature du 1er contrat hospitalier était passé de 140 jours en 2006 à 111 en 2012, pour remonter à 122,5 jours en 2014. Une hausse qui intervient alors que le Contrat unique est entré en application mi-2014. Ce dispositif vise à harmoniser les pratiques pour améliorer le délai de signature. « Le contrat unique est signé entre le promoteur industriel (ou son représentant), l'établissement de santé et l'investigateur. Le dispositif du contrat unique s'appuie sur la mise à disposition de documents « prêts à l'emploi » : convention, grille de surcoûts. La même grille de surcoûts et les mêmes prestations d'investigation sont utilisées pour chaque établissement participant à l'essai avec répartition proportionnelle aux prestations réalisées », détaille le Leem. Pourtant, l'année de mise en place de ce nouvel outil, il a eu l'effet inverse à celui escompté, avec un allongement des délais de signature. Une raison avancée semble être le manque de préparation souligné par les professionnels hospitaliers. Odile Séchoy, directrice de recherche médicale au CHU de Toulouse, déplore ainsi « une mesure mal accompagnée ». « Aujourd'hui, nous avons plus de 600 études en cours. Chaque année, 150 études sont mises en place. Et nous avons une vingtaine d'études sous la bannière du contrat unique. Il a fallu modifier nos processus », indique-t-elle. De son côté, Bruno François, médecin investigateur, souligne : « le contrat unique, on ne peut qu'être d'accord. Nous avons besoin d'attractivité pour avoir accès aux molécules pour nos patients. Néanmoins, nous ne sommes pas préparés, les investigateurs n'ont pas assez été mis au coeur du débat ». Il rapporte ainsi « un vrai mécontentement des investigateurs ». Du côté du Leem, Soizic Coursier souligne la signature de « plus d'une centaine de contrats » de ce type. La France s'est ainsi dotée d'un nouvel outil pour stopper sa perte d'attractivité. L'effet bénéfique n'est pourtant pas encore au rendez-vous. Il faudra maintenant son déploiement à tous les essais cliniques...


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