L’Allemand Merck envisage de se séparer de sa division Consumer Health

Le 11 septembre 2017 par Hélène Bour
Le Centre d’innovation de Merck KGaA, à Darmstadt (Allemagne).
©Merck KGaA

Le 5 septembre, le géant allemand Merck KGaA a indiqué étudier différentes options quant à l’avenir de sa division de produits de santé grand public. Le groupe envisage une vente totale ou partielle, ou des partenariats stratégiques.

Le géant allemand Merck KGaA est l’un des derniers grands groupes pharmaceutiques à avoir gardé l’intégralité de sa division de produits de santé en vente libre (ou OTC pour « over-the-counter »). Alors que son compatriote Boehringer Ingelheim l’a échangée à Sanofi contre Merial (CPH n°787) et que Novartis et GSK ont créé une coentreprise regroupant leurs OTC, Merck KGaA continuait jusque-là de jongler avec sa division Consumer Health regroupant ses produits OTC, sa division Biopharma, son activité Life Science et celle de ses matériaux de performance. Le groupe allemand a finalement décidé de faire du tri, et a indiqué étudier différentes options stratégiques pour sa division Consumer Health, qu’il pourrait vendre en intégralité ou partiellement, ou encore diviser en partenariats stratégiques. « Nous avons continuellement transformé Merck au fil des années en une société leader en sciences et technologie. Ainsi, nous examinons régulièrement notre portefeuille dans le cadre de notre stratégie axée sur l’innovation. Et la santé se concentre largement sur notre portefeuille de biopharma », a expliqué Stefan Oschmann, p-dg de Merck. « Notre portefeuille Consumer Health n’a cessé de s’améliorer au cours des dernières années. Nous avons maintenu une solide position au sein des marchés attractifs et avons établi une croissance rentable », souligne Stefan Oschmann. Pour autant, le groupe, qui prévoit « des contraintes internes croissantes pour financer l’entreprise et atteindre l’échelle fixée », préfère anticiper et se défaire de cette activité non prioritaire.

La division Consumer Health de Merck est incluse dans son entité Healthcare, qui comprend également les divisions Biopharma, Allergopharma et Biosimilaires, cette dernière étant en cours de cession à Fresenius Kabi, depuis avril dernier (CPH n°799). Composés de dix marques dont Bion3, Nasivin et Neurobion, les produits OTC de Merck ont généré un chiffre d’affaires de 860 millions d’euros en 2016, contre 905 M€ en 2015. Par comparaison, le produit phare de la division Biopharma de Merck, le Rebif contre la sclérose en plaques, a enregistré à lui seul 1,74 Mrd € de chiffre d’affaires en 2016. Le CA global de l’entité Healthcare de Merck culminant à 6,8 Mrds €, cette même année. Les produits OTC de Merck KGaA représentaient à peine plus de 5,7 % du chiffre d’affaires total du groupe en 2016 (15 Mrds €).

Un désengagement progressif

Depuis plusieurs années, le groupe allemand initie peu à peu un virage visant à renforcer ses divisions Science de la vie et Matériaux de performance. Merck KGaA a ainsi fait l’acquisition de Millipore (CPH n°499), puis de Sigma-Aldrich (CPH n°690), qu’il a regroupés en une seule unité de Sciences de la vie, MilliporeSigma. Parallèlement, l’Allemand s’est emparé d’AZ Electronic Materials, spécialisé dans les matériaux pour l’industrie électronique (CPH n°663). En outre, l’approbation récente de la FDA pour son Bavencio (avelumab) dans le domaine de l’immuno-oncologie et de Mavenclad (cladribine) dans le traitement de la sclérose en plaques rémittente active a fini de convaincre Merck KGaA de miser davantage en oncologie et en immunothérapie que dans les produits pharmaceutiques en vente libre. L’Allemand, qui précise toutefois qu’aucune décision n’a encore été prise, a indiqué que tous les bénéfices découlant d’une éventuelle transaction seront utilisés afin d’atteindre les objectifs financiers du groupe.

La division Consumer Health en bref

• 3 800 salariés

• 10 marques : Sangobion, Bion3, Nasivin, Vivera, Neurobion, Dolo-Neurobion, Vigantoletten, Seven Seas, fembion, Kytta

• 860 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2016

• 3 sites de production : en Indonésie, en Inde et en Autriche

• Environ 100 contrats de sous-traitance dans le monde


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