Jeune société innovante : Abivax s'organise autour de trois plateformes

Le 01 décembre 2016 par À MONTPELLIER, AURÉLIE DUREUIL
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Abivax à Montpellier.
Abivax à Montpellier.
©Abivax

La start-up française a regroupé sa R&D à Montpellier autour de trois plateformes. Abivax poursuit ainsi le développement de ses produits en phases cliniques. Le plus avancé, ABX464 actuellement en phase IIa, pourrait être approuvé à l'horizon 2020.

La jeune société innovante a inauguré, fin septembre, le lieu de regroupement de ses activités à Montpellier (Hérault). L'occasion de présenter ses trois plateformes et de faire le point sur les avancées de son pipeline. Créée en décembre 2013 avec la fusion de Wittycell, Splicos et Zophis, Abivax a en effet structuré sa R&D autour des plateformes : « Antivirale », « Immunostimulant » et « Anticorps polyclonaux ». Dans chacune de ces plateformes, la société compte des molécules à différents stades de développement.

La plus avancée est ABX464. Cette molécule administrée par voie orale est indiquée dans le traitement du VIH. Après des résultats d'une première phase IIa chez des patients naïfs infectés par le VIH, une seconde phase IIa est en cours dans des centres en France, Belgique et Espagne. La première étude clinique de phase IIa a permis de « démontrer l'effet dose-dépendant d'ABX464 chez les patients séropositifs au VIH et naïfs de traitement, grâce à une diminution de 0,5 log (au moins 68 %) de la charge virale chez quatre des six patients ayant reçu la dose la plus élevée (150 mg) avec un très bon profil d'innocuité », note Jean-Marc Steens, directeur médical d'Abivax. La deuxième phase IIa, initiée au 2e trimestre 2016, consiste à administrer le traitement d'Abivax en combinaison avec le Darunavir chez des patients dont la maladie est déjà contrôlée par cette molécule de Janssen Cilag. « L'objectif de cette deuxième phase IIa est d'évaluer en clinique l'effet durable d'ABX464 précédemment observé lors des travaux précliniques », indique Hartmut Erlich, directeur général d'Abivax. Les résultats sont attendus pour la fin de l'année 2016. La société française prévoit le début d'une phase IIb « début 2017 sur 200 patients », détaille Jean-Marc Steens, directeur médical d'Abivax. Sont ensuite prévues « deux grandes études de phase III en Amérique du Nord et en Europe », ajoute-t-il. La soumission est envisagée en 2019 pour une approbation en 2020.

 

Un mode d'action original contre le VIH

 

Abivax mise sur l'originalité du mode d'action de sa molécule dans le traitement du VIH. « ABX464 a un nouveau mécanisme d'action. Elle agit sur la biogenèse d'ARN et n'induit pas de mutants de résistance au VIH », détaille Didier Scherrer, vice-président R&D d'Abivax. Jalal Tazi, directeur de recherche CNRS, fondateur de la plateforme « Antivirale » et inventeur d'ABX464, ajoute : « ABX464 inhibe l'activité de la protéine Rev dans la réplication virale. (...) Grâce à l'inhibition de Rev, ABX464 empêche la réplication virale dans les cellules infectées par le VIH ». Cette capacité à empêcher la réplication virale est un point clé de la thérapie avec ABX464. Didier Scherrer compare ainsi l'effet de la petite molécule d'Abivax par rapport à des traitements commercialisés : alors que des mutants apparaissent dans un délai de 4 à 12 semaines après l'arrêt des traitements classiques, avec ABX464, aucune résistance n'est observée pendant les 6 mois du test de la société française.

Outre la molécule ABX464, la société développe d'autres molécules sur sa plateforme « Antivirale ». Abivax possède notamment une molécule (ABX311) « en développement et au stade d'établissement de la preuve de concept pour traiter les virus qui se répliquent essentiellement dans le cytoplasme », indique Jamal Tazi, qui précise que cette molécule en phase d'optimisation de lead est étudiée pour une indication contre le Chikungunya. Des molécules sont également en phase de recherche pour lutter contre d'autres virus avec, entre autres, la dengue. Abivax met ainsi en avant un pipeline solide dans le domaine des antiviraux. Venant ainsi rassurer après l'arrêt du développement de la molécule ABX203 contre l'hépatite B chronique en juin 2016. « Une analyse de futilité a mis en évidence que le critère d'évaluation principal de son étude ABX203-002, un essai clinique de Phase IIb/III visant à démontrer l'efficacité d'ABX203 chez les patients atteints d'hépatite B chronique, avait peu de chances d'atteindre son critère d'évaluation principal », avait ainsi annoncé la société en juin. Ajoutant que « la stratégie de développement d'ABX203 est en cours d'examen et comprend : la possible l'addition d'un adjuvant, de nouveaux schémas d'administration et combinaisons thérapeutiques ».

Outre ses développements liés à la plateforme « Antivirale », les deux autres plateformes d'Abivax ont également généré des molécules d'intérêt. La molécule ABX196 de la plateforme « Immunostimulant » a ainsi fait l'objet d'une phase I d'essais cliniques. La plateforme consiste à « rendre la réponse immunitaire plus rapide et plus forte », détaille Sandrine Crabe, directrice de la plateforme.

 

Un pied dans l'immunothérapie

 

ABX196 est capable d'activer les cellules iNKT, cellules du système immunitaire connues pour leur capacité à améliorer une réponse immunitaire et éliminer les agents infectieux ainsi que les cellules tumorales, selon Abivax. L'essai clinique mené a permis d'étudier l'administration d'ABX196 avec un vaccin contre l'hépatite B prophylactique. Les résultats montrent qu'une seule injection a permis de protéger les volontaires contre l'hépatite B. « l'objectif est de poursuivre le développement de ce composé dans le domaine infectieux et de le licencier à des partenaires pour des indications immuno-oncologiques », souligne Hartmut Erlich.

La plateforme « Anticorps polyclonaux ».compte également une molécule en développement. ABX544 est en cours d'optimisation du lead. Cette molécule serait préconisée pour lutter contre le virus Ebola. « L'histoire du virus Ebola laisse présager qu'il y aura d'autres pics d'épidémie. Il reste une place pour une approche immunologique pour traiter les personnes infectées et leur entourage », note Bernard Fanget, directeur de la plateforme. Il ajoute que « les premiers résultats montrent une forte action neutralisante ». Le 4e trimestre 2016 devait être consacré à la caractérisation des anticorps polyclonaux avec une étude préclinique au 2e trimestre 2017 et le début d'une étude de phase I en fin d'année 2017. La société affiche ainsi un pipeline en évolution.

ABIVAX EN BREF

Création en 2013 avec la fusion de trois sociétés de Truffle Capital : Wittycell, Splicos et Zophis. Effectif : environ 25 personnes Implantation : siège à Paris et Centre de recherche à Montpellier Trésorerie : 28 M€ de fonds fin juin 2016 Résultats nets : -8,27 M€ Cotation sur le marché Euronext à Paris depuis 2015 Actionnariat : Fonds dirigés par Truffle Capital (68 %) ; public (25 %) ; fondateurs et management (4 %) ; holding incubateur (3 %)


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