Interview de Maryvonne Hance, présidente de l'association France Biotech

Le 26 novembre 2016 par Propos recueillis par Aurélie Dureuil
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L'association France Biotech a présenté le 23 novembre son panorama des biotech. Sa présidente, Maryvonne Hiance, détaille les actions qui seront portées dans le débat présidentiel.

Vous avez pris la présidence de France Biotech le 30 juin dernier. Pouvez-vous présenter l'association aujourd'hui ?

France Biotech est une association qui réunit les entrepreneurs de la biotech. Nous n'intégrons pas seulement les sociétés avec des activités de drug discovery, mais aussi toutes les sociétés avec des technologies innovantes dans la santé comme les medtech, le digital... France Biotech compte environ 150 membres actifs et 250 sociétés de l'environnement de la biotech. Nous avons également des membres associés qui n'ont pas de droit de vote mais participent à la dynamique.

Vous avez présenté le 23 novembre votre panorama annuel des biotech (voir encadré). À partir de ce constat, quelle voix allez-vous porter dans le débat présidentiel 2017 ?

Les technologies innovantes de la santé représentent une activité majeure économiquement. La part de ces nouvelles technologies représentait moins de 10 % du marché pharmaceutique, il y a une dizaine d'années. Aujourd'hui, nous atteignons 25 %. Dans 10 à 20 ans, cela représentera 50 %. Compte tenu de cet enjeu économique, nous voulons faire des propositions pour améliorer l'environnement financier, fiscal et administratif pour les sociétés françaises.

Quelles vont être vos propositions en matière de financement ?

Aujourd'hui, nous avons en France des entrepreneurs très dynamiques, une solide recherche fondamentale et appliquée dans les laboratoires, et des initiatives du gouvernement pour favoriser les fonds d'amorçage et le démarrage des entreprises. Par contre, pour les phases suivantes, les sociétés éprouvent de grandes difficultés à trouver des fonds pour financer leur croissance et attirer des talents afin d'atteindre la taille critique nécessaire pour compter sur l'échiquier mondial. Il n'y a pas assez de fonds privés de capital-risque. Nous en comptons moins de 5 représentatifs sur la place de Paris. Et les fonds étrangers ne se lancent pas s'ils ne peuvent pas s'appuyer sur un fonds national. Nous demandons à l'État d'aider à un fléchage de l'épargne des Français vers l'investissement dans les jeunes sociétés innovantes pour aider ses sociétés à croître et devenir des ETI.

Pourtant, le dispositif PEA-PME a été créé...

Ce n'est pas suffisant. Nous proposions que 1 % des assurances vie soient dédiées à l'innovation. Apparemment, des contraintes européennes empêchent une telle disposition. Par contre dans le cadre de la loi Madelin sur les hedge funds, il serait possible qu'1 % de ces fonds soient orientés vers l'investissement dans les sociétés de santé pour conforter les capitaux propres.

En matière fiscale, la France dispose déjà du Crédit impôts recherche (CIR). Quel bilan dressez-vous ?

Le CIR est vraiment un atout pour les entreprises françaises. Le point faible est que souvent, les entreprises ne savent pas quand le remboursement va intervenir. Or, pour les JEI, la trésorerie est cruciale et nous souhaiterions donc que le remboursement intervienne dans les 3 mois. Par ailleurs, nous demandons un maintien de la fiscalité. Il est très difficile de gérer une entreprise avec des changements de fiscalité tous les trimestres ! Par ailleurs, pour le statut JEI, France Biotech va proposer de revenir aux conditions de 2010 et une durée adaptée au cycle de développement biotech.

Un autre point concerne l'environnement administratif. Quelle est votre revendication dans ce domaine ?

Un point faible de la France concerne la politique de valorisation. Nous avons pléthore d'instituts de valorisation entre le public et le privé. Il faudrait favoriser les laboratoires mixtes au démarrage et le transfert de technologie. Les Satt auraient pu être une bonne idée mais elles viennent en compétition avec Inserm Transfert. De plus, ils imposent souvent des contrats irréalistes pour l'industrie. Il faut que les deux parties s'entendent pour être réalistes et efficaces. À partir du laboratoire de recherche, on peut mettre au point le concept, mais tant qu'il n'est pas devenu un produit, il ne vaut rien... France Biotech va également proposer une procédure accélérée d'autorisation des phases I et II pour les PME innovantes afin d'endiguer les délais qui coûtent de l'argent aux sociétés et de maintenir ces essais en France. Ce qui est de moins en moins le cas aujourd'hui, en raison des délais d'autorisation très longs !

Comment allez-vous porter ces propositions ?

Nous devons communiquer au maximum en tant que France Biotech. Mais nous allons également participer aux Primaires de l'économie avec quatre associations : CroissancePlus, le Meti, France Digitale et ACSEL. Ce sera une charte en 10 points, qui sont les points majeurs pour toutes les entreprises innovantes.

La biotech française en chiffres

- 5 449 collaborateurs en France, soit une progression de 9,2 % par rapport à 2014, avec en moyenne 25 collaborateurs par entreprise (progression de 14 % comparée à 2014) - 44 % de la R&D des entreprises proviennent de la recherche académique - 337 produits thérapeutiques et 93 dispositifs médicaux en développement - 57 % des entreprises qui l'ont sollicité ont bénéficié du statut JEI en 2015 - Plus d'1,6 milliard d'euros levés en 2015 dont 14 % en capital-risque, 37 % via des entrées en bourse et 49 % post-IPO


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