Boehringer Ingelheim, des ventes en forte progression

Le 14 avril 2017 par À Ingelheim, Nicolas Viudez
Boehringer Ingelheim
©Boehringer Ingelheim

Le groupe allemand Boehringer Ingelheim a connu en 2016 une forte progression de ses ventes qui devrait se poursuivre en 2017, boostée par son activité en santé animale.

Boehringer Ingelheim a présenté ses résultats annuels mercredi 5 avril à son siège d'Ingelheim, en Allemagne. Un rendez-vous attendu après la réorientation stratégique du groupe, opérée en 2016. Une année au cours de laquelle Boehringer a échangé sa branche santé humaine contre la filiale de Sanofi dédiée à la santé animale, Merial (CPH n°787). Cette transaction a permis au groupe de devenir le numéro 2 mondial en santé animale avec désormais le groupe américain Zoetis (ex-division santé animale de Pfizer) en ligne de mire. En 2016, les ventes globales de Boehringer ont fait un bond de 7,3 % générant 15,85 milliards d'euros. Le secteur des médicaments sur ordonnance a progressé de 7,4 %, représentant à lui seul 12 Mrds €, soit 76 % des ventes du groupe. Malgré la perte d'exclusivité dans l'Union européenne du bronchodilatateur Spiriva, ce dernier reste le produit phare de ce secteur avec 2,99 Mrds € de ventes (en recul de 15 %). Le Pradaxa avec 1,4 Mrd €, le Trajenta, en collaboration avec Lilly (1,1 Mrd €) et l'OFEV (0,6 Mrd €) complètent ce classement des meilleures ventes du laboratoire allemand. Dans le monde, Boehringer réalise l'essentiel de ses ventes en Amérique (6,54 Mrds €), un chiffre en légère baisse (-1,6 %) suite à la vente de l'activité générique du groupe aux États-Unis. Les ventes en Europe sont en forte progression, de 19 % à 5,08 Mrds €, un chiffre dopé par un paiement reçu d'AbbVie, fruit d'un partenariat sur un traitement du psoriasis. Le revenu opérationnel a atteint 2,87 Mrds €, soit 18,1 % des ventes. Autant de recettes qui permettent à Boehringer de poursuivre ses investissements dans la R&D, à hauteur de 3,1 Mrds € en 2016 (en progression de 3,6 %).

Coté perspectives, Boehringer souhaite se focaliser sur trois grands axes de recherche en santé humaine : le traitement des pathologies secondaires du diabète (troubles cardiaques, rénaux et oculaires), les maladies neurologiques et l'oncologie, en particulier l'immuno-oncologie. Responsable de l'innovation du groupe, Michel Pairet a éclairé la stratégie en cours en matière de recherche et plus particulièrement les investissements en France. « Nous développons plusieurs types de partenariats notamment avec la biotech Inventiva dans les traitements de la fibrose pulmonaire idiopathique. Nous avons également plusieurs investissements dans des biotechs en France dont récemment dans le domaine de l'immuno-oncologie ». Sur ce dernier point, Boehringer souhaite se positionner sur les nouveaux traitements. « Nous voyons un potentiel énorme sur l'immuno-oncologie. Actuellement, l'immuno-oncologie se focalise sur des techniques qui ciblent 20 % de tous les types de tumeurs, nous avons l'ambition de traiter les 80 % de tumeurs restantes qui ne sont pas immunogéniques. Boehringer a ainsi investi par exemple dans les vaccins anticancer ou les virus oncolytiques », précise Michel Pairet.

Des résultats en santé animale qui devraient doubler en 2017

Le secteur de la santé animale, particulièrement mis en avant lors de la présentation des résultats, représente 9 % des ventes du groupe. Des chiffres qui devraient plus que doubler en 2017 avec l'intégration de Merial. En cumulant les résultats des deux entités, le nouveau groupe atteindrait près de 4,1 Mrds € de chiffre d'affaires, talonnant l'américain Zoetis et ses 4,25 Mrds € de chiffre d'affaires. Le groupe n'a pas souhaité s'exprimer sur d'éventuelles acquisitions dans le domaine, soulignant qu'il se concentrait davantage sur l'intégration de Merial. « Nous sommes pour le moment dans une phase de stabilisation par rapport à l'acquisition de Merial », a souligné Joachim Hasenmaier, responsable santé animale chez Boehringer. Le groupe espère réinvestir 8 à 10 % de ses ventes en santé animale dans la R&D. Un marché de la santé animale en pleine croissance, qui représentait 27 Mrds € en 2016 et devrait atteindre 53 Mrds € en 2030. En termes de cibles, Boehringer souhaite continuer le développement de produits à la fois vers le marché des animaux de compagnie, pour lequel Merial propose une gamme plus étoffée, et pour les animaux d'élevage. « Les marchés émergents demeurent des marchés d'animaux d'élevage comparés aux États-Unis où le marché des animaux de compagnie doit représenter 60 % du marché de la santé animale », analyse Joachim Hasenmaier. Un secteur sur lequel Boehringer pourra compter sur sa position de leader dans le domaine des produits de prévention comme les antiparasitaires et les vaccins.


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