Biostart capture les micropolluants à l'aide de polymères biosourcés

Le 11 mars 2017 par Dinhill On

La start-up hébergée par le Genopole a développé une technologie innovante pour la dépollution des effluents liquides. Cette innovation s'appuie sur l'emploi d'un polymère biosourcé issu d'amidon, capable de retenir un spectre élargi de micropolluants.

Et si la pomme de terre ou le maïs pouvait servir à dépolluer les effluents ? C'est en tout cas l'idée que souhaite exploiter la jeune société Biostart, spécialisée dans la dépollution d'effluents. Hébergée au sein du Genopole à Évry (Essonne), la start-up de biotechnologie est née de la rencontre de quatre personnes issues d'horizons très différents : l'industrie pharmaceutique (Bertrand Duval et Jean-Baptiste Loiseau), les sciences sociales (Bernard Rougier) et le droit public et environnemental auprès des collectivités (Fabrice Grenard). « L'histoire de Biostart a commencé il y a quelques années, du temps où je travaillais en tant que consultant en droit environnemental sur un projet de récupération des eaux de pluie. Nous étions confrontés à un problème de contamination des eaux par des métaux lourds », se souvient Fabrice Grenard, cofondateur de Biostart. Avant de continuer : « C'est alors que Bertrand Duval a eu l'idée d'employer un polymère decyclodextrine utilisé dans les opérations d'encapsulation en pharmacie. Personne n'avait envisagé une application de cette molécule pour des applications de ce type à une échelle industrielle ». Constatant l'intérêt industriel de cette innovation et l'essor du développement durable, les quatre cofondateurs de Biostart se sont lancés dans l'aventure avec l'idée d'exploiter cette molécule pouvant être élaborée à partir d'amidon. « Pour le moment, nous utilisons de l'amidon de pomme de terre pour élaborer notre cyclodextrine. Mais il est possible de diversifier les sources, par exemple avec de l'amidon de maïs », complète Fabrice Grenard.

Une technologie efficace et économique

Outre l'aspect biosourcé, le polymère de cyclodextrine commercialisé par Biostart permet de capter un large spectre de polluants chimiques et biologiques dans les effluents liquides. « Notre technologie se révèle efficace sur les métaux lourds (plomb, zinc, cuivre, etc.) ainsi que sur des perturbateurs endocriniens : phtalates, polychlorobiphényles (PCB), pesticides (atrazine), ou encore des actifs pharmaceutiques (carbamazépine) », liste Fabrice Grenard. En outre, le polymère de cyclodextrine s'avère être un moyen plus efficace et moins coûteux que la plupart des techniques actuelles de dépollution. « Notre technologie répond parfaitement aux exigences des directives cadres européennes sur le traitement prioritaire de 40 familles de micropolluants dans les eaux usées ». De plus, la technologie proposée par Biostart s'inscrit parfaitement dans une optique de développement durable. « Notre polymère est totalement recyclable en vue d'une réutilisation, et ce sans perte de performance au niveau de la capture des micropolluants. Nous avons d'ores et déjà identifié trois méthodes permettant de recycler notre cyclodextrine », souligne Fabrice Grenard.

Ayant accès à deux laboratoires de R&D (à Évry) via le Genopole, la jeune société a d'ores et déjà mis au point sa technologie à l'échelle pilote. « Cela fait déjà quatre années que notre équipe travaille sur le sujet et nous allons procéder à une première levée de fonds de 1 million d'euros. Cette somme est destinée à étoffer notre effectif en R&D et à financer l'installation d'un pilote sur une Step », détaille Fabrice Grenard. Avant de poursuivre : « Nous prévoyons déjà un deuxième tour de table dans le courant de l'année 2018. Nous visons à lever une somme d'environ 3,2 M€ en vue de nous doter d'une usine de production, probablement dans l'ouest de la France ». En matière de marchés géographiques, Biostart cible un développement à l'international, en Europe dans un premier temps, avant d'aborder les marchés américain et asiatique. « Nous prévoyons de nous implanter localement dans ces régions, que ce soit par le biais de filiales de distribution ou de partenariats de représentation commerciale. Mais nous privilégierons d'implanter la production industrielle de nos polymères principalement en France », précise Fabrice Grenard.

D'ici à trois ans, la société Biostart espère enregistrer un chiffre d'affaires de l'ordre de la dizaine de millions d'euros et de porter son effectif à une trentaine de collaborateurs (dont 10 en R&D). Si actuellement, elle ne se focalise que sur le traitement des micropolluants dans les eaux usées, elle envisage d'étendre son activité à d'autres domaines d'applications à l'avenir. « Pour le moment, nous ciblons les applications dans les stations d'épuration (Step), ainsi que celles autour des industries polluantes en effluents comme la chimie, la pharmacie et la plasturgie. Outre la dépollution des liquides, nous avons l'objectif à terme de nous attaquer à la décontamination d'autres matrices comme les gaz ou les sols », explique Fabrice Grenard. Ainsi, la société étudie les applications dans le domaine de la qualité de l'air intérieur, des peintures et de l'automobile. « Il nous reste encore des pistes de travail pour parvenir à améliorer la capacité de rétention de certains polluants, par exemple les nanoparticules », conclut le cofondateur de Biostart. Les développements de Biostart ne devraient donc pas manquer dans les années qui viennent.

La société Biostart en bref

- Création en 2017 - Effectif : 4 collaborateurs - Implantation : Genopole (Évry, Essonne) - Effectif envisagé à l'horizon 2020 : 30 salariés - Chiffre d'affaires prévu en 2020 : environ 10 M€ - Récompenses : Lauréat Genopole Young Biotech Award 2016, lauréat Scientipole initiative 2017


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