AstraZeneca réduit la voilure en cédant deux médicaments

Le 09 juin 2017 par Hélène Bour
Pharmaceuticals Research, AstraZeneca R&D Boston, USA
Pharmaceuticals Research, AstraZeneca R&D Boston, USA

Le laboratoire anglo-suédois poursuit sa restructuration, en se séparant du médicament Zomig contre la migraine, dont Grünenthal s'empare pour plus de 300 millions de dollars. Il cède également son Neksium à Pfizer pour le marché indien.

AstraZeneca poursuit le grand ménage dans son portefeuille de médicaments. Après s'être séparé de son Seloken, racheté par Recordati pour 300 millions de dollars (CPH n°803), et après avoir cédé les droits de commercialisation aux États-Unis et au Canada de son Zoladex à TerSera Therapeutics pour 250 M$ (CPH n°797), le géant britannique annonce la cession des droits de commercialisation de deux autres médicaments. Son Zomig contre les migraines passe aux mains du laboratoire allemand Grünenthal, qui s'en empare pour un montant pouvant atteindre plus de 300 M$ (267 M€). À base de zolmitriptan, le Zomig est indiqué dans le traitement aigu des migraines et des maux de tête dits « en grappe », un domaine thérapeutique que le géant britannique considère comme étant « en dehors de [son] orientation stratégique ». Dans le cadre de cette cession, Grünenthal effectuera un paiement initial de 200 M$ à la finalisation de cette acquisition, prévue pour le 2e trimestre 2017. AstraZeneca pourrait percevoir des paiements supplémentaires et des royalties pouvant atteindre 102 M$ supplémentaires, en fonction des ventes réalisées par ce médicament. Grünenthal disposera des droits sur le Zomig dans tous les pays du monde, à l'exception du Japon, où AstraZeneca en conserve l'exclusivité. Depuis 2012, les droits de commercialisation du Zomig pour les États-Unis sont détenus par Impax Pharmaceuticals. Ce dernier les conservera, privant Grünenthal de revenus importants. AstraZeneca a en outre annoncé qu'il continuera à fabriquer et à fournir ce médicament à l'Allemand pendant une période transitoire. Pour Grünenthal, il s'agit d'une opération importante, puisque le laboratoire spécialisé dans la douleur n'avait pas encore de médicaments contre la migraine dans son portefeuille. « C'est une étape importante pour atteindre notre ambition de devenir une société à 2 M€ (de chiffre d'affaires, contre 1,3 Mrd € actuellement, ndlr) d'ici 2022 », a assuré Gabriel Baertschi, p-dg de Grünenthal, ajoutant que cette acquisition soutiendrait les efforts du laboratoire visant à commercialiser quatre à cinq nouveaux produits dans le même délai. En 2016 et hors Japon, le Zomig a généré 96 M$ de recettes dans le monde, précise AstraZeneca. Ce médicament a cependant perdu son exclusivité sur la plupart des marchés où il est commercialisé.

Pfizer acquiert le Neksium d'Astra-Zeneca sur le marché indien

Parallèlement à cette cession, le laboratoire américain Pfizer a signé un accord en vue d'acquérir le Neksium (ou Nexium) de l'Anglo-Suédois sur le marché indien, pour la somme de 750 millions de roupies indiennes, soit environ 10,4 M€. Lancé en Inde en 2006, ce médicament est un inhibiteur de pompe à protons utilisé pour traiter le reflux gastro-oesophagien, en réduisant les sécrétions d'acide dans l'estomac. Malgré des ventes en augmentation au sein des marchés chinois et japonais, le Nexium a vu ses ventes chuter de 19 % à 2,03 M$ en 2016, du fait de l'arrivée des génériques, en Inde et dans toutes les autres régions du monde. Aux États-Unis, du fait de la perte d'exclusivité qu'il a subie en 2015, AstraZeneca a vu les ventes de Nexium baisser de 39 %. Conscient de la dégradation des ventes de ce médicament sur ses résultats, AstraZeneca le qualifie même volontiers de « vent contraire ». Aujourd'hui, le groupe axe le développement de son pipeline sur trois domaines plus porteurs : l'oncologie, les maladies cardiovasculaires et les troubles respiratoires. Le géant anglo-suédois avait déjà partiellement amorcé la cession du Nexium, puisqu'il avait cédé à Pfizer les droits de commercialisation des indications OTC de ce médicament aux États-Unis, en Europe et dans le reste du monde en 2012 (CPH n°604). Pfizer avait alors déboursé 250 M$ pour cela, et AstraZeneca avait conservé les droits de commercialisation pour les indications sur ordonnance. Investi dans le domaine des antiacides depuis une trentaine d'années, Pfizer possède deux autres médicaments pour cette indication : Gelusil et Mucaine. À noter que cet accord intervient quelques mois seulement après que Pfizer ait finalisé l'acquisition de l'activité de petites molécules anti-infectieuses d'AstraZeneca, pour un montant total avoisinant 1,5 Mrd $ (CPH n°786).


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