Aptar innove au service des laboratoires

Le 01 novembre 2012 par Aurélie Dureuil
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SUNOVION A CHOISI LE LANDMARK D'APTAR POUR SON MÉDICAMENT ZETONNA.
SUNOVION A CHOISI LE LANDMARK D'APTAR POUR SON MÉDICAMENT ZETONNA.
©© Zetonna

Inhalateur dédié aux marchés émergents, compteur de doses, systèmes électroniques : la branche Pharma d'Aptar multiplie les développements pour proposer des systèmes de délivrance aux industriels de la pharmacie. Le groupe adapte ses solutions en fonction des marchés et des attentes des patients.

« Notre innovation contribue à l'innovation des laboratoires pharmaceutiques », martèle Pierre Carlotti, vice-président Marketing et Communication de la division Prescription d'Aptar Pharma. Le groupe international développe et fabrique des systèmes de délivrance pour les médicaments de prescription au sein de sa division Prescription. Loin de se contenter de proposer des systèmes de pompes et valves classiques, le groupe propose de nouveaux systèmes afin d'accompagner les industriels de la pharmacie pour améliorer la délivrance des médicaments. « Nous sommes organisés comme nos clients. Nos axes stratégiques sont : innovation, international, qualité et service. Dans un médicament, il y a le principe actif, la formulation et le système de délivrance. Nous regardons le marché final et réfléchissons à des solutions adaptées aux thérapies », indique Pierre Carlotti.

Aptar Pharma a ainsi présenté cette année le Twister, un inhalateur de poudre (DPI) à gélules pour le traitement de l'asthme, destiné aux marchés émergents. Ce dispositif ne nécessite que trois étapes pour la délivrance : insérer la gélule, tourner et inhaler. Ce DPI a été développé par Aptar Pharma pour les marchés peu réglementés. « Généralement, nos produits ne sont pas spécifiques pour des zones géographiques mais plutôt en fonction de l'application thérapeutique. Le Twister fait figure d'exception », note Pierre Carlotti. Sur ce même marché du traitement de l'asthme, le groupe propose depuis plusieurs années le Prohaler, « un produit haut de gamme pour les marchés très réglementés. Il permet la délivrance de doses à partir de blister, avec une protection contre l'humidité, un compteur de doses, etc. Pour le marché asiatique (hors Japon) et l'Amérique latine, ce produit est trop cher, trop sophistiqué, pas adapté au patient », souligne le vice-président Marketing et Communication de la division Prescription d'Aptar Pharma. Les équipes R&D ont donc planché sur un système plus simple et plus économique pour les marchés émergents. Twister est un système transparent. Quand le patient inhale le contenu de la gélule, il le voit. « Pour un patient qui n'a pas l'habitude de ces systèmes, Twister lui permet d'avoir conscience de la notion de dose, de la protection de celle-ci, etc. De plus, la gélule est une forme pharmaceutique très répandue sur ces marchés. Dans les pays où il y a encore de l'illettrisme, où l'éducation y compris sanitaire n'est pas très forte, il faut un système simple et peu onéreux. Twister répond à ces critères », avance Pierre Carlotti. Les systèmes Twister et Prohaler n'ont pas encore été commercialisés avec des médicaments par des laboratoires pharmaceutiques. Comme pour tous ces développements, Aptar Pharma les a présentés à ses clients et des projets sont en cours. Pierre Carlotti confie ainsi être en discussion avancée pour une utilisation du Prohaler. Concernant Twister, il se montre confiant. « Beaucoup de produits sont développés chez nous mais en adoptant une approche marché. Le laboratoire pharmaceutique vendra probablement ses gélules dans un pilulier avec l'inhalateur. Il faudra définir les conditions d'utilisation : les instructions pour la durée pendant laquelle le patient peut garder Twister, son nettoyage, etc. », précise Pierre Carlotti. Il ajoute : « C'est notre compréhension du marché au sens large qui nous permet de définir le cahier des charges. La phase de R&D prend ensuite plusieurs années (deux, trois, voire quatre ans). Pour Twister, tout est allé très vite. »

Alors que généralement la R&D est faite en France, Aptar Pharma a mis en place une équipe franco-chinoise, à partir de ses usines du Vaudreuil-Val de Reuil et de Suzhou près de Shanghai. Une fois la conception du produit avancée, des études sont réalisées auprès des patients, des médecins et des infirmières. Des prototypes leur sont présentés pour voir comment ils les utilisent, ce qu'il faut modifier. L'étape suivante consiste à présenter le produit aux industriels, « avec souvent une avant-première pour les laboratoires avec qui nous avons des liens privilégiés », confie Pierre Carlotti. Certains laboratoires demandent alors des adaptations sur : la dose, la forme, la couleur, l'ergonomie, la matière, etc. Ce fut le cas, par exemple, pour Landmark. Ce système indicateur de doses a été sélectionné par Sunovion Pharmaceuticals pour son Zetonna aux États-Unis. Aptar Pharma a fourni le poussoir de l'aérosol pressurisé nasal muni du Landmark pour le traitement de la rhinite allergique de Sunovion. L'utilisation d'un aérosol sous forme sèche est originale pour un tel traitement, comme le souligne le vice-président Marketing et Communication de la division Prescription d'Aptar Pharma. « Dans ce type de prescription, on utilise traditionnellement une pompe nasale. Il s'agit d'une pompe montée sur un flacon en verre ou en plastique contenant le traitement sous forme liquide. Ce système présente l'inconvénient pour certains patients de provoquer des écoulements dans le nez et/ou la gorge avec parfois des problèmes de goût dé sagréable. Pour Zetonna, Sunovion a choisi de revenir à un aérosol sec. Ce type de système existait il y a quelques années, mais utilisait des CFC {ndlr, chlorofluorocarbures}, explique Pierre Carlotti. Avec l'interdiction de ce gaz propulseur à cause de son impact sur la couche d'ozone, les laboratoires ont dû reformuler leurs médicaments (principalement pour le traitement de l'asthme) pour éliminer les CFC. Quand le changement de gaz était jugé trop coûteux ou trop long, les laboratoires se sont tournés vers les pompes nasales pour le traitement de la rhinite allergique ». Aujourd'hui, certains laboratoires comme Sunovion reviennent aux aérosols pressurisés avec l'utilisation du HFA (hydrofluoroalcane) comme gaz propulseur.

Pour son Zetonna, Sunovion a par ailleurs voulu l'intégration d'un compteur de doses. « Ce traitement est destiné aux États-Unis. Le compteur de doses est une recommandation de la FDA, ce qui le rend quasiment obligatoire. Son utilisation augmente également dans les autres pays », constate Pierre Carlotti. Le fournisseur de systèmes de délivrance de médicaments travaille actuellement sur les compteurs de doses électroniques. En 2013, Aptar Pharma devrait équiper le premier médicament en spray utilisant l'électronique. « Nous y travaillons depuis plus de 15 ans », confie Pierre Carlotti. Il met en avant la meilleure lisibilité ainsi que la possibilité d'ajouter des sons et autres fonctionnalités offertes par l'électronique embarquée. Le premier produit devrait être pour des thérapies dans le traitement de la douleur associée à des pathologies lourdes. Ces systèmes électroniques permettront à terme de s'assurer que le patient prend la bonne dose de son traitement et respecte les délais entre chaque prise. « Un verrouillage électronique pourrait empêcher la délivrance de doses quand le délai n'est pas respecté », indique Pierre Carlotti. Un système d'identification permettrait de limiter l'utilisation et vérifier que le bon patient bénéficie du bon traitement. Pour les marchés utilisateurs, le groupe se montre confiant au vu de la tendance au renforcement de la réglementation, selon Aptar Pharma. Pourtant, Pierre Carlotti ne cache pas les difficultés qui pourraient être rencontrées pour l'enregistrement, notamment auprès de la FDA. Le coût de cette technologie pourrait également être un frein à son adoption sur certains marchés. « Les enjeux technico-réglementaires sont très importants dans le choix d'un système. Aujourd'hui, l'aspect remboursement est de plus en plus crucial. Il oriente le choix. Si grâce à un système plus cher, l'observance du traitement par le patient est mieux respectée, alors le système a une chance auprès des agences réglementaires », souligne Pierre Carlotti. Les agences réglementaires orientent en effet les choix des laboratoires. Le vice-président Marketing et Communication de la division Prescription d'Aptar Pharma cite l'exemple des systèmes de délivrance unidose et multidose. « Certains pays privilégient l'unidose pour éviter le surdosage, tandis que d'autres préfèrent le multidose avec un système de verrouillage ». Aptar Pharma adapte ses développements en fonction des demandes. La branche pharmacie du groupe américain a enregistré un chiffre d'affaires de 554 millions de dollars en 2011, en croissance de 16 % par rapport à l'année précédente. 6 % de ce chiffre a été investi en R&D. Aptar Pharma mise donc sur l'innovation pour proposer des systèmes différenciants aux industriels de la pharmacie.

APTAR PHARMA EN CHIFFRES

- CA : 554 M$

- R&D : 6 % du CA

- 2 300 employés dont 950 en France

- 7 sites de production dans le monde

- Plus de 150 médicaments de prescription équipés de dispositifs Aptar Pharma


TRAITEMENT DE L'ASTHME : pMDI VERSUS DPI

Dans les solutions de délivrance pour le traitement de l'asthme, deux systèmes s'affrontent. Les pMDI (pressurized Metered dose inhaler) sont des aérosols doseurs pressurisés. Le médicament est sous forme liquide. Ils utilisent un gaz propulseur : le HFA. Les DPI (Dry powder inhaler) délivrent un médicament sous forme de poudre sèche. Pour le traitement de l'asthme, les utilisations dépendent des pays et des cultures, comme le souligne Pierre Carlotti. « Dans le Nord de l'Europe, ils sont très préoccupés par le respect de l'environnement. Le gaz HFA utilisé dans les pMDI est un gaz à effet de serre. Ils préfèrent donc les DPI. Aux États-Unis, les pMDI sont privilégiés car la FDA est très contraignante. Pour un DPI multidoses, l'agence américaine demande des performances qui sont très compliquées à obtenir. Il y a des DPI qui sont commercialisés en Europe et qui n'ont jamais obtenu l'AMM aux États-Unis ».


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