Après 5 années d’attente, c’est finalement le 12 décembre prochain, que le Centre d’Etudes et de Recherches sur les TEchnologies du SENSoriel (Certesens), ouvrira ses portes au sein de l’Université de Tours (37). Ce sera le premier laboratoire au monde où seront étudiés les mécanismes de perception sensorielle chez l'homme et leur impact sur son comportement.
L'objectif est d’accompagner les entreprises dans la conception de produits qui répondent aux "besoins sensoriels" des consommateurs.
S’ouvrir à l’industrie
Ce centre de 700 m² réunit des espaces d'expérimentation, des cabines de mesure de sensations, et une matériauthèque, où seront progressivement répertoriés d’une manière inédite plusieurs milliers de matériaux. Le Certesens propose une approche originale : une matière ne s’y résume pas à un nom, une somme abstraite de propriétés. Elle s’y raconte, s’y transforme. De la molécule, puis de la poudre au fil. De la feuille à la planche. Son apparence, son odeur, sa saveur, sa sonorité ou la sensation tactile, issues de sa rencontre avec l’homme, seront évaluées, classées, rangées, cartographiées.
Parallèlement, le Certesens sera également en charge de la conception d'outils méthodologiques de mesure et d'analyse des sensations et de création de logiciels permettant de modéliser le recueil, l'analyse des résultats, la performance sensorielle des matériaux, leur recyclabilité.
Un des paris du lieu est d’offrir une approche sensorielle là où on ne l’attend pas. Dans le luxe et la cosmétique le sensoriel préside déjà à la conception. Ailleurs où il intervient peu (transport ; agroalimentaire ; développement durable…), le Certesens fait le pari d'en faire un passage obligé dans une dizaine d’années. Et cette démarche originale a déjà du sens pour certains industriels. Ainsi le groupe Alstom va devenir le premier partenaire industriel fondateur du Certesens, avec qui il va signer le 12 décembre un partenariat de recherche sur 5 ans.
Le Certesens a trois missions principales :
Un montage original
Si le Certesens est original dans sa démarche, il l’est aussi dans l’esprit collaboratif qui a présidé à la création de ce lieu. Trois PME tourangelles avant-gardistes, associées à l’Université François Rabelais de Tours, portent ensemble le projet et ont cofondé le lieu. Fortes de leurs spécialités dans le design, la cosmétique et l’alimentaire, elles ont déjà développé des recherches et des services autour des technologies du sensoriel en direction des entreprises soucieuses de qualité et de différentiation.
Le Certesens est un projet labellisé FEDER. Des fonds européens viennent donc compléter ceux engagés par les 3 entreprises et l’Université. La construction financière de cette plate-forme a également été assurée par l’ensemble des collectivités locales (la Région Centre, l’agglomération Tours Plus, le Conseil Général d’Indre et Loire et la Chambre de Commerce et d’Industrie de Touraine). Le tout représente un investissement de près de 3 millions d’euros. Et son modèle économique, prévoir qu’il soit totalement autonome financièrement.
Une recherche qui à du sens
La Cosmetic Valley, pôle de compétitivité en région Centre et premier réseau mondial de la parfumerie-cosmétique, fait du Certesens, la base territoriale d’un de ses domaines stratégiques avec le sensoriel. Elle valorise dans le monde entier les compétences collectives de la plate-forme et renouvelle à Tours pour sa deuxième édition en 2012, le congrès international de recherche Cosmetic&Sensory.
Le Ministère de l’Industrie (direction générale de la compétitivité, de l’industrie et ses services DGCIS) vient également d’accepter la première action collaborative du Certesens avec le programme d’accompagnement à l’innovation Valo-Sens de Valorisation des savoir-faire luxe et haut de gamme des PME françaises par le sensoriel avec 5 PME françaises (cosmétiques, manufacturière textile et emballage), la Cosmetic Valley et la CCI Touraine.
Jean-François Prevéraud

dans la même rubrique
08/11/2011
L’électricien lance OptiM2M une offre de services facilitant la surveillance...
Afin d’aider les PME à comprendre le règlement REACH et l’impact que cela...