Terra Nova trouve de l’or dans les déchets électroniques

Le 07 février 2012 par Hugo Leroux

Terra Nova veut devenir un leader européen de la récupération des métaux rares issus des cartes électroniques usagées. Forte de son expertise en pyrométallurgie, l’entreprise ambitionne de traiter jusqu’à 30 000 tonnes de déchets par an.

 

L’histoire de Terra Nova est intimement liée au destin malheureux de Metaleurop Nord. Lorsque la fonderie pas-de-calaisienne de Noyelles-Godault ferme définitivement ses portes en 2003, deux de ses ingénieurs, Michel Trabuc et Christian Thomas, refusent d’abdiquer. « Niveau métallurgie, nous avions des talents à exploiter sur place », explique Michel Trabuc « restait à identifier un gisement à exploiter. Comme il était stupide de faire venir du minerai d’Australie ou du Chili, nous avons préféré un gisement bien français : les déchets électroniques ». Parmi les nombreuses''mines'' possibles, les deux ingénieurs choisissent celle des cartes électroniques en fin de vie, alors très peu traitées à l’échelle européenne.

Evaporer le plastique

Rôdés aux procédés d’hydro et de pyrométallurgie, indispensables au travail des métaux, Michel Trabuc et Christian Thomas phosphorent sur leur projet entre 2003 et 2006. Leur idée : traiter les cartes électroniques par pyrolyse. Le procédé consiste à faire monter les déchets en température, sous atmosphère pauvre en oxygène. La partie plastique est ainsi vaporisée pour laisser un concentré des métaux rares : or, argent, cuivre, platine, etc. Ce concentré est ensuite envoyé à un "affineur", métallurgiste spécialisé dans la purification des différents métaux. 

Purification sur place

Terra Nova voit le jour en 2006. Mais entre la validation scientifique et les levées de fond, il faut attendre début 2011 pour voir son site d’Isbergues (62) entrer en phase industrielle. Aujourd'hui, la société monte encore en cadence. Cette année, elle prévoit de traiter 20 000 tonnes de cartes et devrait atteindre son rythme de croisière -30 000 tonnes- d'ici fin 2013.

Bien déterminé, Michel Trabuc envisage déjà la ''phase II'' : intégrer les procédés de purification in situ. « A terme, la fraction cuivreuse des concentrés métalliques, plus propre, continuera d’être expédiée vers des affineurs. L’autre partie, contenant des matériaux plus difficiles à traiter, comme l’antimoine, le palladium ou l’étain, sera raffinée sur place », détaille-t-il. Pour s’en donner les moyens, la start-up nordiste devrait opérer une levée de fond d’ici la fin de l’année 2012. Pour lors, le procédé d’affinage est expérimenté à l’échelle du démonstrateur.

Hugo Leroux


Terra Nova en bref :
Création : 2006
Les créateurs : Michel Trabuc, Christian Thomas
Implantation : Isbergues (62)
Effectif : 52 personnes
Site web : http://www.terranovametal.fr
Contact : Michel Trabuc
Tél : 06 87 86 77 83
E-mail : michel.trabuc@tnmetal.fr
Chiffre d'affaires : 5M€ en 2011, 20 M€ en 2012 (prévisionnel) 

 

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