Syntec-Ingénierie, la fédération professionnelle de l’ingénierie, qui regroupe tous les grands prestataires de la recherche et de l’innovation externalisées, réagit fortement à l’annonce par le groupe PSA Peugeot Citroën de réduire ses effectifs liés à son activité de R&D, notamment en France. Il n’hésite pas à poser la question : Délocaliser la R&D et l’innovation : est-ce une solution d’avenir ?
Et de donner quelques chiffres pour étayer son discours. Si la France, avec 39 milliards d'euros par an consacrés aux dépenses de R&D, est déjà loin du trio de tête des pays de l’OCDE - Etats-Unis (272 milliards d'euros), Japon (110 milliards) et Allemagne (61 milliards) – c’est surtout la tendance à la baisse des dépenses en R&D qui l’inquiète.
« Quand les Allemands augmentent leurs investissements en R&D de 0,3 % de PIB entre 2003 et 2009, l’Espagne de 0,33 % et même l’Italie de 0,16 %, la France, sur la même période, n’accentue ses efforts de R&D que de 0,04 % ! »
Syntec-Ingénierie estime que dans ce contexte, la décision d’un nombre croissant de donneurs d’ordre industriels français de délocaliser leurs investissements de R&D hors de l’Hexagone vient mettre en danger l’économie française toute entière. « Nos concurrents européens et internationaux ont compris cette exigence vitale de maintenir une activité de recherche et développement très active sur leur sol national : c’est ce que montre notamment l’Allemagne dans le secteur automobile ».
Un mauvais coup à la compétitivité
L’innovation n’est pas une option mais une réelle nécessité pour ces pays qui ont choisi une stratégie de développement de la technologie à l’échelle nationale. Délocaliser la recherche et développement, moteur de la croissance, hors de ses frontières, c’est pénaliser sa compétitivité industrielle.
Pour le secteur de l’Ingénierie Professionnelle, Alain Bentéjac, Président de Syntec-Ingénierie, dénonce le double impact de ce genre de décision :
Et de conclure : « Le BIPE annonçait en octobre 2011 une prévision de la production pour l’industrie française de 1 % (en volume) pour 2012-2013 : sans innovation, comment le secteur compte-t-il améliorer sa compétitivité, condition de sa croissance ? »
Jean-François Prevéraud
Pour en savoir plus : http://www.syntec-ingenierie.fr

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