Biomatériaux : les pièges du cycle de vie du végétal

Le 14 septembre 2009 par Thomas Blosseville

IT, L'ENQUêTE CONTINUE  L'analyse du cycle de vie des biomatériaux est une affaire de spécialistes. Pour vous y retrouver, voici les quatre points clés pour évaluer leur impact environnemental sans vous tromper

Un biomatériau n'est pas toujours bénéfique pour l'environnement. Après la polémique sur les agrocarburants, une leçon : l'analyse du cycle de vie du végétal ne s'improvise pas. Des écarts de 50 %, notamment sur le calcul des émissions de CO2 peuvent être constatées selon les hypothèses. Voici les 4 pièges à éviter pour évaluer correctement l'impact environnemental des biomatériaux.


L'objet de l'analyse

Premier impératif, veillez à correctement définir le système que vous analysez. Que comparez-vous et selon quels critères ? En général, l'étude porte sur les émissions de gaz à effet de serre et la consommation d'énergie. Mais il y a aussi l'eutrophisation par exemple (impact sur les milieux aquatiques). Mettez des frontières à votre étude. "Il peut arriver qu'on ne tienne pas compte des machines agricoles nécessaires pour cultiver la plante dont est issu le produit analysé", remarque Benoit Gabrielle, professeur en physique de l'environnement à AgroParisTech.


Les co-produits

Un casse-tête qui n'est pas encore résolu. Comment tenir compte des co-produits de culture ? Les spécialistes s'interrogent sur la répartition des impacts environnementaux entre le produit principal, issu du végétal, et les co-produits valorisés par ailleurs. Les résultats de l'analyse du cycle de vie peuvent varier de 20 à 30 %. Une solution est de partager l'impact proportionnellement aux masses de chacun des co-produits, ou de leur valeur économique... Plus complexe, quand vous comparez un produit dérivé du végétal avec un produit issu de la pétrochimie, il faut trouver un équivalent dans la filière fossile. Il n'existe encore aucune norme.


Les données récoltées

D'un champ à l'autre, les conditions de culture varient. D'une année à l'autre aussi. Pour réaliser une analyse de cycle de vie d'un biomatériau, veillez donc à dater et à localiser la ressource végétale. "On peut penser que la bonne échelle, ce sont les bassins agricoles régionnaux", poursuit Benoit Gabrielle. L'Ademe travaille à l'élaboration d'une méthode simplifiée d'analyse du cycle de végétal. Ses premières préconisations devraient survenir fin 2009.

Thomas Blosseville


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