Si l’aile de papillon parait si brillante dans la nature, c’est qu’elle résulte d'une interaction permanente avec la lumière. Il en va ainsi de tous les organismes ou objets dont les couleurs ne sont pas liées à un pigment, mais à une structure : c’est le cas du paon au niveau de ses plumes, de la drosophile sur ses ailes ou de la bulle de savon.
Dans le cas du Morpho, choisi comme emblème par Qualcomm, les reflets bleutés sont dus à des nanostructures présentes sur l’aile de l’insecte. Du fait de la faible épaisseur de matériau traversée, les rayons lumineux interagissent d’une certaine manière qui renforce la couleur bleue et anéantie les autres. On ne voit donc principalement que le bleu ou des variantes de bleu.
Le fabricant américain s’est contenté de reproduire ce phénomène dans ses pixels, en se passant ainsi de filtres. Ou plutôt ses sous-pixels qui prennent respectivement la teinte bleue, rouge ou verte selon l’écart qui sépare la couche active du support. Cette couleur est alternée avec le noir lorsqu'un courant est appliqué (acollement des deux couches). Le pixel, constitué de 42 de ces sous-unités, peut ainsi afficher une large palette de couleurs.
Qualcomm n’a pas encore annoncé de contrat avec un industriel, synonyme de l'arrivée sur le marché des premières tablettes couleurs intégrant sa technologie. Un premier produit est néanmoins attendu pour la fin 2011.
Ludovic Fery

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