L’Internet physique : calquer l’organisation des transports sur la structure du Web

Le 24 janvier 2012 par Charles Foucault
Optimiser la logistique en offrant le meilleur compromis entre rapidité, coût et respect de la planète
Optimiser la logistique en offrant le meilleur compromis entre rapidité, coût et respect de la planète
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VIDéO  Né au Canada, le concept d’Internet physique réunit des chercheurs européens et américains sur la redéfinition des flux logistiques à partir du modèle des flux d’informations d’Internet. Il s’agit ni plus ni moins d’abolir le système de transports de marchandises propriétaires existant pour le remplacer par un système ouvert, où des conteneurs standardisés suivraient toujours le chemin optimal.

En juin 2006, la couverture de The Economist frappe Benoit Montreuil, titulaire de la chaire de recherche du Canada en ingénierie d'entreprises à l’Université Laval, au Québec. Le titre : Physical Internet. Dans son esprit, cet oxymore accrocheur résonne avec la globalisation de l’économie, les préoccupations environnementales et ses recherches sur la conception et gestion des réseaux manufacturiers et logistiques.

Depuis, un consortium de chercheurs s’est monté, entre Amérique du Nord et Europe, pour repenser les transports de marchandises à l’échelle mondiale, en se basant sur le modèle des flux d’informations. Le but du projet d’Internet physique est de diminuer les impacts environnementaux (en France, le transport de marchandises représente 14 % des émissions de CO2) et les coûts logistiques liés à la mondialisation, sans pour autant diminuer le niveau de service.

Les scientifiques impliqués imaginent, à termes, des conteneurs standards, modulaires et communicants. Par géolocalisation, toute marchandise serait tracée en permanence et routée sur des réseaux ouverts pour aller du point A au point B, en offrant le meilleur compromis entre rapidité, coût et respect de la planète. Une telle ambition requiert de passer de transporteurs indépendants à un système ouvert dans lequel les produits circuleraient sur des réseaux reliés entre eux par des hubs.

Les premières simulations de ce type de réseaux ont donné lieu, le 10 janvier 2012, à une réunion de suivi de l’état d’avancement des recherches. Elle s’est tenue à Paris, le Centre de gestion scientifique (CGS) de Mines ParisTech étant très impliquée, par l’intermédiaire du professeur Eric Ballot. L’heure est désormais à l’expérimentation, avec notamment le projet OTC_Kaypal® MR qui vise à « optimiser durablement les process de pilotage et de traçabilité produits en boucle ouverte » dans la grande distribution.
 


 

           Eric Ballot du CSG Mines ParisTech, présente le concept de l'Internet physique (en anglais)


Charles Foucault.

 

Pour en savoir plus :

Towards a physical Internet : meeting the global sustainability grand challenge, Benoit Montreuuil, janvier 2011

www.physicalinternetinitiative.org (site web basé sur le principe de l’open innovation)

La présentation du comité de suivi du 10 janvier 2012 :

  

 
 

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