Directeur de recherches émérite au CNRS et professeur à l’Université de Strasbourg, Jules Hoffmann a consacré la plus grande partie de sa carrière à l’étude de l’immunité des insectes. Sa découverte majeure remonte à 1996 : des drosophiles, la mouche du vinaigre, mutées au niveau d’un certain gène, Toll, sont incapables de se défendre contre les infections bactériennes ou fongiques.
Le chercheur et la communauté scientifique mondiale comprennent rapidement l’importance de la protéine codée par le même gène, un récepteur membranaire essentiel au déclenchement de l’immunité dite innée ou acquise. Depuis, une douzaine d'autres protéines affiliées aux récepteurs Toll ont pu être identifiées chez l’homme et le rongeur. Notamment celle découverte par l’américain Bruce Beutler, deuxième nobélisé, qui se lie spécifiquement à un composant de la paroi bactérienne, le lipopolysaccharide.
Encore aujourd’hui, l’étude des protéines Toll est au cœur du développement de nouveaux vaccins ou de thérapies contre les maladies infectieuses, inflammatoires et les cancers. Pour justifier son choix, le comité Nobel a salué des travaux « ayant révolutionné » notre compréhension du système immunitaire, et de son activation.
Le troisième primé, le canadien Ralph M. Steinman, s’est quant à lui concentré sur les rouages de l’immunité dite adaptative. Malheureux hasard ou coincidence, celui-ci est décédé quelques jours avant l’annonce de sa distinction.
Ludovic Fery
Pour en savoir plus : l'explication en images des travaux sélectionnés par le comité Nobel www.nobelprize.org

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