"Le photovoltaïque sera compétitif en 2020" - Jean-Bernard Saulnier, CNRS

Le 02 février 2010 par Thomas Blosseville
Jean-Bernard Saulnier, directeur du programme énergie du CNRS
Jean-Bernard Saulnier, directeur du programme énergie du CNRS
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ENTRETIEN  IT, L'ENQUêTE CONTINUE  Jean-Bernard Saulnier, directeur du programme énergie du CNRS, livre sa vision de l'avenir des technologies photovoltaïques. Et prédit l'évolution du coût du watt photovoltaïque.

Industrie & Technologies : à quoi ressemblera le photovoltaïque dans 20 ans ?

Jean-Bernard Saulnier :
Le phototovoltaïque standard au silicium cristallin sera de plus en plus concurrencé. Dans 20 ans, les couches minces auront percé. On aura résolu les problèmes de durée de vie des technologies polymères. Des cellules atteindront 40 % de rendement, grâce aux nanosciences et à de nouveaux matériaux. Mais le silicium cristallin a aussi de l'avenir. Son atout majeur est la maturité de ses procédés de fabrication.


I&T : pour être compétitif, le photovoltaïque devra d'abord coûter moins cher ...

JBS :
Sur ce point, nous avons une grande visibilité. L'évolution du coût du watt photovoltaïque est connue, par le passé, en fonction de la puissance installée. On peut extrapoler cette courbe. Pour être compétitif, le photovoltaïque doit baisser à 1 euro par watt. Nous pouvons prévoir son coût en fonction de l'ensoleillement, donc de la localisation géographique. Le photovoltaïque sera compétitif dans la France entière en 2020. Dès 2015 dans une grande partie du sud de la France et en 2010 dans le sud de l'Italie. Toutefois, les couches minces, qui consomment moins de matière, seront peut-être compétitives plus tôt.


I&T : le photovoltaïque a-t-il un avenir doré ?

JBS : Il faudra d'abord relever plusieurs défis. Pour être accepté, le photovoltaïque devra prouver qu'il est recyclable. Surtout, une vraie difficulté porte sur le stockage de l'énergie. Pour déployer les énergies intermittentes, il faudra trouver comment les stocker. Sinon, on risque de ne pas savoir gérer les engorgements sur le réseau électrique. Le stockage de l'énergie devient un axe de recherche capital.

Propos recueillis par Thomas Blosseville


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