Des matériaux poreux capables d’embarquer huit fois plus de médicaments que les vecteurs connus ont été dévoilés par une équipe franco-coréenne. Les scientifiques, qui publient leurs résultats dans la revue Nature Materials, ont testé une nouvelle utilisation de matériaux mis au point au sein de l’Institut Lavoisier (CNRS/ Université de Versailles St Quentin en Yvelines). Matériaux qui ont déjà fait leurs preuves dans le piégeage du dioxyde de carbone. Les chercheurs ont chargé ces vecteurs avec des médicaments destinés à lutter contre le sida, la leucémie ou le cancer du sein avant de les tester in vitro et sur des souris. Résultat : « une quantité de médicaments dix fois moindre qu’avec un autre vecteur permet d’obtenir la même concentration dans l’organe cible, où le relarguage est assuré par un mécanisme pH-dépendant », s’enthousiasme l’un des auteurs de ces travaux, Gérard Ferey, chercheur à l’Institut Lavoisier.
Obtenus par mélange d’un sel métallique avec des polycarbonates, ces vecteurs non toxiques, quatre à cinq fois plus poreux que des zéolithes, pourraient être produits à un coût raisonnable, d’après les scientifiques. Ils présentent en outre l’avantage de pouvoir être suivis par imagerie médicale. De plus, le mode de fixation original des molécules d’intérêt thérapeutique garantit leur libération progressive, sur un intervalle d’une quinzaine de jours. « Mettez-vous à la place d’un patient qui au lieu d’avoir une piqûre tous les jours en a une toutes les deux semaines », fait valoir Gérard Ferey. Ces matériaux font l’objet de deux brevets. « Nous avons établi une série de contacts afin d’établir des partenariats industriels », indique le chercheur.
Muriel de Vericourt

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