Vieille école que l’Ecole Centrale Nantes puisque son origine remonte à 1919, mais elle a toujours su s’adapter aux besoins de l’industrie en proposant des formations à la pointe des technologies disponibles ou émergeantes.
« De fait, l’Ecole Centrale de Nantes fait aujourd’hui partie des établissements supérieurs d’enseignement et de recherche, et accueille 1850 étudiants toutes filières confondues. Nous travaillons aujourd’hui suivant quatre grands axes nous permettant d’avoir une offre de formations très diversifiée et nous avons plein de projets dans le cadre des Investissements d'Avenir », explique Patrick Chedmail, son directeur.
Dans le domaine de la formation le premier axe est la formation d’ingénieurs, qu’il s’agisse d’ingénieurs généralistes centraliens, d’ingénieurs par apprentissage en partenariat avec un institut des technologies de l’ingénieur de l’industrie des Pays de Loire, ou d’ingénieur ayant un double diplôme dans le cadre de partenariats avec Audencia pour la management, l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Nantes (ENSAN) pour le bâtiment ou avec l’Ecole Navale pour le double-diplôme Ingénieur- officier.
A côté de cela on trouve toute une offre de Mastères qui rassemble plus de 200 étudiants dans :
9 Mastères recherche :
3 masters Erasmus Mundus :
2 mastères spécialisés :
Cela est complété par un troisième axe comportant 2 doctorats en sciences pour l’ingénieur, géosciences, architecture et en sciences et technologies de l’information et des matériaux. Ces offres regroupent environ 200 étudiants.
Enfin, dernier axe la R&D qui s’effectue dans 5 laboratoires labellisés CNRS. Un dans le domaine mathématique, un dans le domaine architecture, un en mécanique des fluides, un dans le domaine des matériaux et de la mécanique, un dans l’automatique, robotique et l’étude des systèmes industriels.
« Il faut ajouter à cela 18 partenariats forts avec de grands groupes industriels nationaux, ainsi que des partenariats avec des universités et entreprises étrangères de premier plan réparties dans 36 pays sur les 5 continents », complète Patrick Chedmail.
Des projets d’avenirs
« Nous sommes résolument tournés vers l’avenir, c’est pourquoi nous nous sommes investis dans un certain nombre de projets au titre des Investissements d’Avenir dont 5 ont été labélisés et nous sommes en attente de décisions pour 3 autres ».
Parmi les projets labélisés auxquels participe l’Ecole Centrale de Nantes notons deux Appels à Manifestation d’Intérêt dans le domaine des démonstrateurs sur les énergies marines renouvelables : Orca sur l’énergie des courants porté par Alstom pour une hydrolienne à axe horizontal carénée de 1 MW et 20 mètres de diamètre devant être opérationnelle en 2013. C’est un projet de 30 M€ où l’école intervient très en amont sur de la simulation numérique et des essais en bassin sur maquettes physiques ; S3 sur l’énergie de la houle porté par SBM Offshore, qui entend récupérer l’énergie des mouvements en surface par un système qui n’est pas uniquement mécanique. L’école interviendra là aussi sur la partie simulation tant numérique que physique, mais aussi sur les essais physique en mer du prototype.
Notons à ce propos que L’Ecole Centrale de Nantes dispose déjà d’un site d’essais à 20 km au large, équipé d’une alimentation électrique, ainsi que de moyens d’acquisition de données et de leur rapatriement sur le continent.
Le bassin d'essais océanique de 30 x 50 mètres
qui devrait être prochainement agrandi
Des équipements d’excellence
L’Ecole Centrale de Nantes est aussi partenaire d’un Equipement d’Excellence, l’Equipex Robotex. Il s’agit d’un projet national de réseau de plates-formes de robotique d’excellence regroupant une quinzaine de laboratoires. L’objectif étant de fédérer les actuelles plates-formes de valorisation et de démonstration robotique chargées de faire passer le savoir scientifique vers l’industrie. Un projet qui cible aussi bien la robotique humanoïde et médicale, que mobile ou industrielle ou encore celle destinée à des échelles micro et nano. La plate-forme nantaise se focalisera plus sur la robotique de production de très grande dimensions et la robotique humanoïde.
Dans ce contexte le laboratoire de l’Ecole Centrale de Nantes concerné, l'IRCCyN, va héberger :
Un laboratoire d’excellence
L’Ecole Centrale de Nantes va aussi participer au Laboratoire d’Excellence Labex Mer porté par l’Institut Universitaire Européen de la Mer (IUEM). Il s’agit d’attirer et de réunir les meilleurs chercheurs en sciences et technologies marines autour de 7 grands axes de recherche, et de proposer des formations. L’objectif est de créer l’un des 5 plus grands pôles mondiaux de recherche sur la mer. L’Ecole Centrale de Nantes interviendra sur l’axe structures et énergies marines avec une quinzaine de chercheurs sur un total de 300, ainsi qu’avec ses moyens d’essais tant physiques que numériques. Une participation qui devrait lui permettre d’accroitre ses moyens d’essais en faisant croitre son bassin de houle de 30 x 50 m à 30 x 90 m et en l’équipant de moyens de génération de vents et de courants.
Un IRT autour des matériaux
Autre collaboration importante de l’Ecole Centrale de Nantes, celle à l’Institut de Recherches Technologiques autour des matériaux composites et métalliques, l’IRT Jules Verne. Il s’agit de savoir comment développer des structures allégées faisant appel à l’un ou aux deux types de matériaux, avec tous les problèmes de fabrication, de résistance, d’assemblage et de cohabitation que cela suppose. De multiples secteurs sont impactés : automobile ; aéronautique ; maritime ; industrie mécanique…
L’Ecole va y créer avec DCNS et STX une plate-forme baptisée Technocampus Océan pour partager des équipements de recherche, plutôt sur les structures métalliques, sur 15 000m² et créer des lieux d’enseignement pour 1 000 étudiants de tous niveaux, de l’opérateur au docteur. Enfin, un training center sera ouvert aux besoins spécifiques de grands industriels européens.
Comme quoi on peut avoir bientôt 100 ans et faire des projets d’avenir.
A la semaine prochaine
Pour en savoir plus : http://www.ec-nantes.fr
Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l’Usine Nouvelle, suit depuis plus de 30 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il a été à l’origine de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.

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