Marc Mortureux, directeur général de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) , a présenté lors d’une conférence de presse parisienne ce matin, les grandes lignes de deux rapports publiés sur le bisphénol A (BPA). Le premier résulte d’une enquête auprès de plusieurs milliers d’industriels, et recense les différents usages du monomère, ainsi que leurs applications. La production mondiale de BPA se destine, pour deux tiers environ, à la fabrication de polycarbonates (CD, articles de vaisselle, bombonnes d’eau, phares de voitures, prises électriques, interrupteurs…), quand un tiers entre dans la composition des résines époxydes (raquettes, planches de surf, revêtement des boîtes de conserve, film de contact alimentaire…).
Le second rapport concerne les conséquences pour la santé du BPA, parmi la grande famille des perturbateurs endocriniens. Les résultats de 70 publications scientifiques récentes (après janvier 2010), chez l’humain et l’animal, ont été compilés. Il en ressort que, si plusieurs risques semblent avérés chez l’animal, seuls deux font pour l’instant l'objet d'une forte suspicion chez l’homme : l’atteinte de la fertilité féminine et des effets, pour les deux sexes, sur les pathologies cardiovasculaires ainsi que le diabète. L'étude confirme qu'un impact peut exister même à de très faibles doses.
Parmi les messages de l’ANSES, l’un s’adresse plus particulièrement aux industriels. Ces derniers sont invités, avant le 30 novembre 2011, à communiquer leurs données sur les effets sanitaires du BPA, et l’état actuel du développement de molécules alternatives, en termes d’efficacité et d’innocuité. Ces contributions permettront à l’agence de remettre, début 2012, un avis plus complet aux pouvoirs publics. Lequel doit déboucher, a indiqué Marc Mortureux, sur un calendrier concret de substitution.
Ce qui n’empêche pas, à titre préventif, de limiter dès maintenant l’exposition des populations qui sont considérées les plus à risque, à savoir les nourrissons, les jeunes enfants, et les femmes enceintes ou qui allaitent. Il faudra dans ce cas faire attention, dans les produits où le BPA est substitué, à ce que l'innocuité de son remplaçant soit prouvée.
Ludovic Fery
Pour en savoir plus : www.anses.fr

dans la même rubrique
07/11/2011
L’électricien lance OptiM2M une offre de services facilitant la surveillance...
Afin d’aider les PME à comprendre le règlement REACH et l’impact que cela...