Les batteries lithium-ion actuellement utilisées dans les voitures électriques présentent un inconvénient : leur recharge prend entre 4 et 8 heures, selon la puissance électrique appelée et leur capacité. C’est l'une des raisons pour lesquelles de nombreuses équipes de chercheurs travaillent sur des batteries liquides. Objectif : remplacer les électrodes solides - les deux pôles entre lesquels s’opèrent les échanges électrochimiques - par des matériaux liquides. La solution idéale pour recharger sa batterie à la pompe - et déléguer la régénération du liquide usagé aux stations-service.
Jusque là, les prototypes de batteries liquides présentaient des densités énergétiques bien trop faibles pour concurrencer les batteries solides. C’est ce qui a poussé des chercheurs du MIT à trouver un compromis. L’équipe dirigée par les professeurs W. Craig Carter et Yet-Ming Chiang est parvenue à ''moudre'' les électrodes solides sous forme de minuscules particules en suspension dans l’électrolyte, le liquide conducteur des charges électriques. Résultat : un liquide électrogène noir et visqueux ressemblant à s’y méprendre… à du pétrole brut ! Grâce à cette approche ''semi-liquide'', les chercheurs affirment décupler la densité énergétique de leur batterie par rapport à la solution tout-liquide.
S’il n’y a pas encore de quoi inquiéter les batteries solides, Chiang et Carter semblent confiants sur la marge de progrès de cette architecture originale. Pour la développer, les deux chercheurs ont fondé une start-up, 24M Technologies, subventionnée depuis septembre 2010 par l’hyperactive Arpa-E, organe de financement de la recherche liée aux technologies énergétiques, rattaché au département de l’énergie américain. D’après les objectifs affichés, un prototype pré-commercial devrait voir le jour fin 2013.
Hugo Leroux

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07/11/2011
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