L’emballage perd ses repères

Le 13 janvier 2017 par Henri Saporta
* Mots clés :  Profession, Indices

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EDITORIAL  Un fantôme économique ne peut pas défendre une stratégie industrielle. -

Emballages Magazine a signalé, au mois de septembre 2016, que l’Union française des industries des cartons, papiers et celluloses (Copacel) allait changer la présentation des cours des papiers et cartons à recycler (PCR) pour désormais indiquer des variations et non des prix. L’indicateur n’ayant, en réalité, plus beaucoup de sens, Emballages Magazine va cesser de le publier. Les PCR servent pourtant à fabriquer les papiers pour ondulé (PPO) issus du recyclage utilisés pour le carton ondulé, un matériau structurant de cette industrie. L’explication ? Les adhérents de Copacel ne veulent plus que leurs prix servent de base aux négociations commerciales. Moralité : comme cet indicateur était très utile, il était urgent de le supprimer ! Curieux message à l’heure de l’économie circulaire. Cette information pourrait apparaître anodine si elle ne s’inscrivait pas dans une tendance de fond très inquiétante : la disparition progressive de tous les indicateurs économiques. Le Comité de liaison des industries françaises de l’emballage (Clife), ou plutôt ce qu’il en reste, ne donne plus de chiffres depuis longtemps pour la bonne raison que les différentes organisations professionnelles ne le font plus depuis belle lurette. L'Institut français de l'emballage et du condtionnement (Ifec) a fermé ses portes. Pour l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), l’emballage n’existe plus depuis longtemps, s’il a jamais existé… Quant à la synthèse réalisée par le Service des statistiques industrielles (Sessi), elle est à rechercher au rayon des oubliettes. Conscient de la nécessité de disposer de chiffres robustes, le Conseil national de l’emballage (CNE) a tenté de créer un Observatoire national en 2014. Echec cinglant.

 

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Forte d’un chiffre d’affaires “de l’ordre” de 20 milliards d’euros et de “quelque” 100 000 emplois, l’industrie de l’emballage et du conditionnement est devenue un fantôme économique. Difficile, dans ces conditions, de rester visible et crédible et de porter une stratégie industrielle auprès des donneurs d'ordre mais aussi des investisseurs et, le cas échéant, des pouvoirs publics et des collectivités locales. Hausses, baisses, crises, pénuries, croissance, marges, rentabilité, compétitivité, valeur ajoutée, investissements, emplois, importations, exportations, environnement ? Des notions floues dans le brouillard de l’imprécision. Pour sa part, Emballages Magazine publie, année après année, son Top 500 au mois de décembre et maintient son baromètre contre vents et marées.


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