Robinet ou bouteille, une affaire de perception

Le 22 septembre 2011 par Arnaud Jadoul
* Mots clés :  Consommation

Partagez l’info :

envoyer à un ami


Des chercheurs de l’Inra ont cherché à identifier les facteurs de choix du canal de consommation d’eau par les ménages. -

Eau du robinet ou eau embouteillée ? 40% des Français ne consomment pas la première, qui coûte aux consommateurs cent fois moins que la seconde. Deux chercheurs de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) de Toulouse (Haute-Garonne), Christophe Bontemps, du groupe de recherche en économie mathématique et quantitative (Gremaq), et Céline Nauges, du Laboratoire d’économie des ressources naturelles (Lerna), ont cherché à identifier les facteurs qui pèsent sur les décisions de choix du canal de consommation d’eau par les ménages. Leur étude porte sur un échantillon de 4 623 ménages répartis sur la France entière et croise les résultats de deux enquêtes conduites en 2001, l’une par TNS-Worldpanel sur les décisions d’achat de boissons et les catégories socioéconomiques d’un panel de ménages, l’autre par l’Institut français de l’environnement et les Agences de l’eau sur les réseaux de distribution d’eau potable.

 

Environnement. Les consommateurs n’appréciant pas l’eau du robinet la jugent de « mauvais goût » (trop de chlore), trop dure (trop calcaire) et craignent les risques sanitaires. L’étude montre que le choix entre eau du robinet et eau en bouteille dépend des caractéristiques socioéconomiques et culturelles des ménages, mais aussi de la façon dont le ménage perçoit son environnement immédiat. La perception d’un environnement dégradé interfère notamment avec la confiance sur la potabilité de l’eau distribuée et conduit les ménages à choisir plutôt l’eau embouteillée.

 

Prix. Compte tenu de l’écart de prix important entre les deux types d’eau, ce sont les ménages modestes qui sont les plus touchés par la mauvaise perception de l’eau du robinet. Les ménages aisés, quant à eux, ont une forte propension à consommer l’eau en bouteille, quelle que soit leur perception de la qualité de l’eau. Le statut du chef de famille est également un facteur important dans la décision : un retraité, quels que soient ses revenus, consomme moins souvent l’eau du robinet qu’un actif. Une des explications possibles est qu’un senior pourrait être plus sensibles aux vertus présumées des eaux en bouteille et se montrer plus attentif aux recommandations du corps médical. Autres facteurs : la région d’habitation et plus particulièrement la qualité des eaux régionales interfèrent dans les choix : la consommation d’eau en bouteille est plus importante dans les régions Nord et Ouest, caractérisées notamment par des problèmes structurels de pollution des eaux souterraines par les nitrates et/ou par des micropolluants minéraux.

 

Report. Enfin, selon des scénarios de dégradation de la qualité de l’eau, les régions du Sud-Est et du Nord présenteraient le plus fort report de consommation vers l’eau en bouteille. En région parisienne, l’effet de report serait le plus modéré. Inversement, l’amélioration de la qualité de l’eau du robinet augmenterait sensiblement sa consommation dans le Centre-Est et dans la région parisienne.


Effectuer une autre recherche




À la une

A suivre dans l'actualité

Automatismes Codage Composants Conditionnement primaire

Sites du groupe

Usine Nouvelle LSA L'Echo Touristique Emballages Magazine

 Publicité  Pour nous contacter  Condition générales d’utilisation  RSS  GISI Recrute

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus