Coca-Cola se rebiffe

Le 08 septembre 2011 par Henri Saporta
* Mots clés :  Investissement

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L'usine de Pennes-Mirabeau compte trois lignes de conditionnement.
L'usine de Pennes-Mirabeau compte trois lignes de conditionnement.

Un investissement de 17 millions d'euros est reporté pour marquer l'opposition de l'entreprise à la "taxe soda". -

C'est, en quelque sorte, la réponse du berger à la bergère ! Afin de protester contre la "taxe soda" dévoilée le 24 août dernier par le Premier ministre François Fillon dans le cadre du plan d'austérité, Coca-Cola Entreprise a remis en question un investissement de 17 millions d'euros en France. Le gouvernent français a justifié l'instauration de cette taxe au nom de la lutte contre l'obésité en rappelant que le poids moyen des Français a augmenté de plus de 3 kilos entre 1997 et 2009. La taxe doit être discutée dans les semaines à venir dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Prévue pour entrer en vigueur en 2012 et censée rapporter 120 millions d'euros à l'Etat, "la mesure proposée consiste à créer une accise spécifique sur les boissons sucrées dont le taux sera aligné sur celui du vin. Les eaux, les jus de fruit (sans sucres ajoutés) et les produits contenant des édulcorants ne sont pas concernés par cette mesure", détaille le gouvernement. Elle devrait renchérir le prix de la canette d'un centime d'euro en moyenne, selon les estimations. "Nous entendons ainsi protester symboliquement contre une taxe qui sanctionne notre entreprise et stigmatise nos produits", explique Coca-Cola Entreprise, qui "réaffirme son opposition vigoureuse à toute forme de stigmatisation des boissons sucrées et à leur assimilation à d'autres catégories de produits tels que le tabac".

 

Remplissage. Prévu en 2012, cet investissement porte sur la rénovation d'une ligne de remplissage de canettes sur le site de Pennes-Mirabeau (Bouches-du-Rhône). Il devait être annoncé le 19 septembre lors de la célébration des 40 ans de l'unité de production. Le site, le deuxième des cinq du groupe en termes de volumes, compte 203 employés et trois lignes de conditionnement en bouteilles en verre, en polyéthylène téréphtalate (PET) et en canettes. Selon Coca-Cola, il a fait l'objet de 45 millions d'euros d'investissements sur 5 ans. En outre, John Brock, le président mondial de Coca-Cola Enterprises, a annulé sa venue sur le site. L'investissement "n'est pas annulé, mais il doit être réévalué dans le contexte d'incertitude créé par la taxe", précise le géant mondial des boissons rafraîchissantes sans alcool (BRSA). L'entreprise, qui met en balance ses 2 700 salariés et ses 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2010, attend l'issue du vote au Parlement pour se prononcer.

 

Chantage. "Les salariés sont inquiets car ils sentent que ce n'est pas bon pour l'avenir du site. Ça fait un peu peur", déclare Christian Locastro, délégué syndical Coca-Cola pour la zone sud. Quant à la députée (UMP) des Bouches-du-Rhône, Valérie Boyer, elle s'est dite "absolument choquée et scandalisée" par "le chantage" de Coca-Cola. Valérie Boyer préconise cette taxe depuis plusieurs années. Président de l'Association nationale des industries alimentaires (Ania), Jean-René Buisson déclare, lui, "comprendre" la position de Coca-Cola et rappelle que l'entreprise, comme Orangina, "fait partie des sociétés qui ont signé des chartes avec les pouvoirs publics sur la réduction du sucre et sur des politiques d'éducation nutritionnelle". D'ajouter : "Pourquoi les industriels agroalimentaires continueraient-ils à faire confiance aux pouvoirs publics ?". Un conseil d'administration extraordinaire de l'Ania est d'ailleurs prévu le 9 septembre pour examiner les suites à donner à l'éventualité de cette taxe. "C'est une décision regrettable en termes économiques, mais qui ne peut pas être liée à l'augmentation d'un centime d'euro sur les sodas à sucres ajoutés, qui est motivée par un objectif de santé public", a, pour sa part, indiqué le ministère du Budget.

 

Enquête. Selon une enquête menée par Harris Interactive du 31 août au 5 septembre 2011 sur un échantillon de 1044 personnes pour le Syndicat national des boissons rafraîchissantes (SNBR), les Français désapprouvent à 58% la taxe et doutent de la sincérité du gouvernement lorsque celui-ci évoque un objectif de santé publique. 92% des Français pensent que la taxe vise davantage à accroître les recettes de l’Etat tandis que seuls 28% estiment qu’il s’agit là d’un enjeu de santé publique. "Les Français jugent la taxe sur les boissons sucrées inefficace pour lutter contre l’obésité et 81% des Français estiment que l’augmentation du prix des boissons à sucre ajouté n’aurait pas d’effet pour réduire l’obésité en France. Ceci va dans le sens des études scientifiques publiées en France à ce jour qui ne montrent pas de lien direct entre la consommation de boissons rafraîchissantes et l’obésité", estime le SNBR, actuellement présidé par Tristan Farabet (Coca-Cola Entreprise France).
(avec AFP)

 

 Taxe Soda : la mesure proposée


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