Pour une révolution agricole...

Le 23 mars 2012 par Henri Saporta

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Des infrastructures modernisées et plus de coopération doivent permettre d'accroître la production agricole de 3% par an jusqu'en 2030. -

Pour nourrir la planète, la production agricole doit croître de 3% par an d'ici 2030 : pour relever ce défi, les experts des pays émergents estiment nécessaire une révolution verte, basée sur des programmes de grande ampleur, une sélection des cultures et une meilleure coopération. Le défi est colossal. Avec des terres agricoles qui se réduisent à cause de l'urbanisation, de l'industrialisation, le monde doit parvenir à augmenter sa productivité agricole, selon les experts brésiliens, russes, indiens et chinois, interrogés dans le cadre d'une étude de l'Economist Intelligence Unit. Entre 1990 et 2007, la croissance de la production mondiale agricole a à peine atteint plus de 2%, ce qui est insuffisant au vu de la croissance démographique. "Face aux défis que connaissent la demande d'une part et les marchés, d'autre part, une nouvelle révolution agricole est indispensable", estime Jikun Huang, directeur du centre de politique agricole chinoise, lors de la présentation de l'étude à Paris. Dans ce contexte, certains s'inquiètent de voir faiblir la croissance de la productivité agricole dans les pays industrialisés. "Les pays développés comme les Etats-Unis et l'Europe ont sous-investi dans leur agriculture", juge Shenggen Fan, directeur général de l'International Food Policy Research Institute américain. A l'inverse, selon les experts des pays émergents, les gouvernements des économies à forte croissance investissent lourdement dans la recherche agricole, proposent des soutiens financiers et renforcent les infrastructures rurales.

 

Gaspillage. Pour eux, la croissance de la productivité agricole passe nécessairement par le développement des technologies de sélection végétale, pour augmenter les rendements des cultures, réduire les besoins en eau et en fertilisants, et raccourcir les cycles de culture. Ils louent la généralisation des technologies modernes de sélection végétale, et en particulier les modifications génétiques qu'ils considèrent comme un facteur de succès supplémentaire de leurs économies agricoles. Selon le dernier rapport de l'International Service for the Acquisition of Agri-biotech Applications, la moitié des cultures OGM se situeraient dans les pays du Sud. Ainsi, le Brésil, avec une progression de 20% en un an, est le numéro deux mondial, avec 30 millions d'hectares. Parmi les autres pistes prônées par ces experts : l'amélioration des infrastructures de stockage pour lutter contre le gaspillage (un tiers à la moitié de la production agricole sortie du champ ne serait en effet pas valorisée dans nos assiettes). Cette problématique est particulièrement importante en Afrique, continent qui pourrait bénéficier d'une coopération renforcée avec les pays en forte croissance.



Approvisionnement. Certains experts vont plus loin estimant qu'il faut rationaliser davantage la production agricole à l'échelle mondiale. "La production des céréales à paille, par exemple, est probablement plus économique dans des pays comme la Russie, le Kazakhstan ou l'Ukraine. Au final, cela se traduirait par une production plus importante pour tous les peuples du monde", estime Rustem Mirgalimov, président directeur général du groupe russe Razgulay. Jikun Huang est également favorable à une coopération plus étroite pour sécuriser l'approvisionnement alimentaire mondial. "Nous devons prendre des mesures efficaces entre pays et même entre régions du monde. Et il nous faut plus d'actions mondiales", estime-t-il.
(avec AFP)


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