Haro sur les polluants chimiques

Le 07 mai 2014 par Henri Saporta
* Mots clés :  Tous secteurs, BPA

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Ségolène Royal a fait de la lutte contre les polluants chimiques une priorité.
Ségolène Royal a fait de la lutte contre les polluants chimiques une priorité.

SéCURITé SANITAIRE  Ségolène Royal s'attaque directement au BPA dans les tickets de caisse. -

Lors de sa conférence de presse du 25 avril, Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, a clairement donné le cap : la lutte contre les polluants chimiques est à l'ordre du jour. Suppression du bisphénol A (BPA) dans les tickets de caisse, contrôles renforcés sur les phtalates dans les jouets, expertise poussée sur d'autres substances potentiellement toxiques font partie des priorités affichées. Alors que la stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (SNPE) a bien été adoptée par le Conseil national de la transition énergétique (CNTE), Ségolène Royal a d'ores et déjà demandé aux entreprises de la distribution et aux banques d'éliminer le BPA dans les tickets de caisse et reçus de carte bancaire, "sans attendre des normes ou des lois". Pour le moment, les enseignes avancent en ordre dispersé sur ce sujet. La France doit, par ailleurs, "dans les prochaines semaines", proposer à l'Union européenne de "demander la substitution du bisphénol A" dans ces tickets. La ministre a également demandé à l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) une expertise ciblée sur cinq substances "suspectées d'être des perturbateurs endocriniens", dont les methyl-parabènes, utilisés comme conservateurs dans les aliments ou des produits pharmaceutiques. En ce qui concerne les emballages, la loi °2012-1442 du 24 décembre 2012 prévoit la suspension au 1er janvier 2015 de tous les emballages  alimentaires contenant du BPA. La France est actuellement en phase de discussion avec différents Etats de l'Union européenne pour déterminer les modalités d'application et les conséquences de ce texte. En ce qui concerne le décret relatif à l'avertissement sanitaire qui doit faire le lien jusqu'au 1er janvier, c'est l'incertitude qui domine. D'après plusieurs observateurs, si le décret est prêt, la signature tarde en raison des difficultés pratiques de mise en œuvre. Un point sur les pistes de substitution possible est enfin prévu pour cet été.     

 

Santé publique

Dans le même temps, une étude nationale pilotée par l'Institut de veille sanitaire (InVS) va mesurer d'ici 2016 l'exposition aux polluants de la population française ainsi que sa condition physique. "La surveillance de l'imprégnation aux substances chimiques et aux polluants est une priorité de santé publique", souligne la directrice générale de l'InVS, Françoise Weber. Baptisée Esteban, l'étude a démarré le 14 avril. Plus d'une centaine de substances présentes dans l'environnement (naturellement ou non) comme les métaux tels que le cadmium, mercure, arsenic, nickel, antimoine, cobalt ou encore l'aluminium mais aussi les pesticides, les dioxines et autres composés organiques volatils (COV) ou encore le BPA seront mesurées chez les 5 000 personnes participantes à l'étude. "Certaines substances comme le BPA n'ont jamais été dosées auparavant dans la population générale", a expliqué Agnès Lefranc, directrice du département santé et environnement de l'InVS, lors de la présentation de cette étude. Les polluants seront mesurés à partir d'échantillons de sang, d'urine et de cheveux sur 4 000 adultes âgés de 18 à 74 ans et sur 1 000 enfants de 6 à 17 ans, représentatifs de la population vivant en France métropolitaine (hors Corse). Ces mesures serviront de "référence", à savoir de base de départ pour déterminer ensuite si un groupe est surexposé à un polluant par rapport au reste de la population.

 

Niveau d'exposition

Esteban permettra aussi d'en dire plus sur "les facteurs qui conditionnent le niveau d'exposition" : lieu de résidence, mode de vie, alimentation ou encore profession. Les échantillons seront conservés pour constituer une banque de données biologiques - une "biothèque" - pour servir ultérieurement de base de référence et d'investigation à des études sur de nouvelles substances, non ciblées au départ. Outre son volet relatif à l'exposition aux polluants, Esteban doit aussi faire le point sur les habitudes alimentaires et l'activité physique, avec "description détaillée des consommations alimentaires, de l'activité physique et des marqueurs de l'état nutritionnel".

 

La stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (SNPE)


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