Une solution pour digérer l'Atex : déclasser et réduire la taille des zones

Le 01 août 2006

Afin de limiter les coûts de mise en conformité avec la norme Atex, la société Delta Neu propose de diminuer la taille des zones Atex ou de les déclasser à l'aide de ses systèmes de ventilation et de dépoussiérage.

TRAITEMENT DE L'AIR Réduire les coûts de mise en application de la norme Atex pour les industriels, voilà ce que propose depuis plus d'un an la société Delta Neu, au travers de ses systèmes de ventilation, de dépoussiérage et de nettoyage centralisé par le vide (NCV). « Cette approche nous est venue en deux temps, se rappelle Stéphane Cousin, ingénieur responsable de la mise en application Atex. Tout a commencé en juillet 2002 lorsque nous avons mis en conformité notre matériel au regard de la directive 94/9/CE pour l'installation de matériel en zones Atex 2, 22, 1 et 21. La seconde phase remonte à juillet 2003 et résulte du fait que nos clients nous consultaient systématiquement sur des process en zone 0. Nous nous sommes aperçus que les solutions, et donc les prix annoncés, dépassaient de loin leurs budgets alloués pour la mise en conformité ». À titre d'exemple, par rapport au prix d'un ventilateur classique, le prix d'un ventilateur installé en zone 2 est multiplié par deux, et multiplié par six en zone 1. Que dire alors de l'ensemble des équipements, des machines, des luminaires, de l'instrumentation et des systèmes de contrôle ! Les industriels qui avaient eu tendance au départ à surclasser leurs zones ont vite déchanté. D'où l'intérêt de déclasser les zones ou de diminuer leur volume, au moyen d'un captage à la source des gaz, des vapeurs et des poussières en évitant de classer l'ensemble de l'atelier. Concrètement, la société Delta Neu s'appuie pour cela sur trois de ses technologies : la ventilation et le dépoussiérage, et le nettoyage centralisé par le vide. La ventilation se destine à la captation des dégagements de gaz et de vapeur. Pour ce faire, on adapte un capot à l'équipement ou au poste de travail - qui peut être une trémie, un silo mais aussi un plan de travail ou encore une centrale de pesée - , connecté au ventilateur au moyen d'un réseau de gaines. En s'appuyant entre autres sur la norme NF EN 60079-10, il est possible de calculer le débit minimal à mettre en jeu pour se situer en dessous de la limite inférieure d'explosivité, la LIE (limite inférieure d'explositité). De la ventilation sur mesure Mais, comme la plupart du temps des opérateurs travaillent dans l'atelier, le débit réel à mettre en oeuvre dépend davantage de la VLE (valeur limite d'exposition), qui peut être cent fois inférieure à la LIE. Le débit appliqué dépend du type de produit, de son mode de dégagement, mais aussi de la distance entre le captage et la source. Une fois le débit déterminé, le calcul du temps de persistance dans une bulle autour de la source, c'est-à-dire le temps pendant lequel le mélange d'air et de substances explosibles reste potentiellement dangereux, permettra le choix de la zone à appliquer (zone 0, 1 ou 2). La société Delta Neu propose une gamme de solutions sur mesure allant de 100 m3/h à plus de 400 000 m3/h, sachant qu'en moyenne, les besoins se situent entre 2 000 m3/h et 40 000 m3/h. Il faut aussi prendre en compte, dans ce calcul, tout un ensemble de contraintes techniques, à commencer par l'emplacement des ventilateurs (poids et diamètre, sachant que la roue d'aspiration des plus grands peut atteindre 3 mètres de diamètre) ou encore des contraintes de niveau sonore maximal pour les opérateurs. Dans le cas de la captation de poussières, le principe reste le même mais les vitesses changent. Il faut en effet une plus grande vitesse de départ pour entraîner les poussières qui ont tendance à retomber avec la gravité. La vitesse minimale dans la gaine peut alors se situer autour de 20 et 30 m/s, contre 12 à 15 m/s pour les vapeurs. Par ailleurs, il est nécessaire d'adapter le dépoussiéreur avant l'étape de rejet de l'air vers l'extérieur au type de produit traité. Il existe pour cela trois grandes familles : cartouches filtrantes, médias filtrants et médias rigides, selon la valeur de rejet souhaité (de 10 mg/m3 à des valeurs inférieures à 0,1 mg/m3). Nettoyage des dépôts par le vide Le traitement des atmosphères poussiéreuses doit aussi, dans la plupart des cas, s'accompagner de l'aspiration périodique des dépôts de particules tombées, par exemple, sur le sol. En effet, ces particules risquent de poser un problème, notamment si elles se soulèvent en cas de courant d'air. Pour cela, on a recours au nettoyage centralisé par le vide qui se compose d'un ensemble d'accessoires de nettoyage raccordés à des flexibles (jusqu'à 6 mètres de long) centralisé sur un dépoussiéreur jouant le rôle d'aspirateur géant. Le dimensionnement se fait en fonction du nombre de prises et d'opérateurs susceptibles d'aspirer en même temps. Et, logiquement, les vitesses d'aspiration requises doivent être encore supérieures à celles appliquées au dépoussiérage puisqu'il faut arracher les particules du sol. Il est ensuite possible, en fonction des particularités des clients, d'associer ces différentes technologies. « Aujourd'hui, nous démarchons nos clients en amont du classement de zones et sur une approche globale de leurs problèmes. Même si, dans les faits, nous avons un gros travail de sensibilisation à mener, car on constate que seuls 3 à 5 % de nos clients sont réellement en conformité avec la réglementation. Beaucoup d'entre eux ne savent même pas encore ce que veut dire Atex », souligne Stéphane Cousin. Alors que la mise en conformité des installations est censée être effective depuis le 1er juillet 2006. Gwénaëlle DeboutteDEFINITIONS LIE : limite inférieure d'explosivité. Limite inférieure du domaine de concentration d'une substance inflammable dans l'air à l'intérieur duquel une explosion peut se produire (exprimée en pour-cent en volume). VLE : valeur limite d'exposition à court terme, à savoir la concentration moléculaire à laquelle un individu peut être exposé pendant un temps donné (en général 15 minutes) sans que cela n'engendre de modifications de son état de santé. Cette grandeur est souvent inférieure d'un facteur 100 à la LIE. Zone 0 (gaz et vapeur), zone 20 (poussières) : risque d'explosion permanent. Zone 1 (gaz et vapeur), zone 21 (poussières) : risque d'explosion potentiel. Zone 2 (gaz et vapeur), zone 22 (poussières) : risque d'explosion minimum. DELTA NEU EN BREF Créée en 1974, la société française Delta Neu est filiale du groupe Neu SA (transport pneumatique dans les process industriels, matériel ferroviaire, contrôle et automation). Outre les systèmes de ventilation (environ 38 % du chiffre d'affaires) et de dépoussiérage (environ 42 % du chiffre d'affaires), Delta Neu produit aussi des systèmes de transfert pneumatique des déchets (papier, carton, métal…) et de filtration (filtration des brouillards et vapeurs d'huiles, filtration de fumées par procédé physico-chimique et empoussièrement contrôlé). La société possède 15 agences sur le territoire français et ses propres filiales au Royaume-Uni, en Belgique, au Luxembourg, au Portugal, en Espagne et au Maroc.
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Article extrait d'Info Chimie Magazine

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