Toulouse/SNPE cherche désormais à retrouver de nouvelles capacités

Le 08 juillet 2002

Le groupe va désormais s'attaquer à " trouver une solution pour redéployer une capacité de phosgène en dehors de Toulouse, afin de pérenniser l'ensemble des activités de chimie fine qui en dépendent ", explique Bernard Roussel porte-parole du groupe. SNPE doit agir le plus rapidement possible afin de perdre le moins de parts de marché et de clients possibles. La solution la plus longue serait sans nul doute la construction d'une nouvelle unité. Mais d'autres hypothèses sont envisagées comme le rachat d'une unité existante ou l'accroissement des capacités de phosgène sur les autres sites du groupe (trois aux Etats-Unis, un en Hongrie et un en Chine où la construction d'une seconde ligne de fabrication de phosgène vient d'être lancée). Cependant ces autres sites, beaucoup plus petits, ont actuellement une capacité globale de phosgène largement inférieure à celle qui était en place à Toulouse (environ 36 500 t/an). Concernant l'hypothèse du rachat d'une unité existante, les concurrents ne sont guère nombreux en Europe : Bayer, BASF (sur trois sites), Huntsman, Rhodia à Pont-de-Claix qui achetait d'ailleurs une petite quantité de phosgène à SNPE, le suisse Orgamol et Lonza. La plupart utilisent le phosgène pour des productions intégrées. Pour la SNPE, ce futur redéploiement qui inclut la fabrication des dérivés, représentera un véritable enjeu dans la mesure où une grande partie des parts de marché sont actuellement perdues et qu'il faudra alors progressivement les regagner. Le groupe avait de son côté proposé un redémarrage à Toulouse des activités du phosgène à flux tendu avec la mise en place d'un processus on line (utilisation du phosgène au fur et à mesure des besoins) ce qui aurait beaucoup réduit le stockage de phosgène. Ces propositions sont restées "lettre morte". Actuellement seul Isochem, qui n'utilise pas de phosgénation et emploie 38 salariés, a donc obtenu un feu vert. Parmi les principaux produits d'Isochem figurent le pentoprazole, matière active d'un anti-ulcéreux de Byk Gulden, et l'amiodarone, matière active d'un anti-arythmique cardiaque. Ces productions n'ont pas été suspendues grâce à leur redéploiement sur d'autres sites et Isochem n'aurait quasiment pas perdu de clients. Concernant les autres activités qui devraient redémarrer, une réunion du Comité départemental d'hygiène est prévue le 19 juillet. Le redémarrage des activités spatiales concerne essentiellement la fabrication du perchlorate d'ammonium, matière première du propergol, également fabriqué à Toulouse, et celle de monométhylhydrazine (MMH). Le propergol est utilisé comme carburant pour Ariane, pour la propulsion de missiles tactiques et stratégiques et les générateurs de gaz pour airbags. La MMH est utilisée comme comburant pour le troisième étage d'Ariane 5 et pour les propulseurs de satellite. Pour ce dernier produit, dont la fabrication pourrait prochainement reprendre, les seuls autres producteurs sont au Japon et aux Etats-Unis. De même, seule la SNPE et un groupe américain fabriquent le perchlorate d'ammonium. Le gouvernement soumet cependant la remise en marche d'une partie de cette activité spatiale, essentiellement le perchlorate d'ammonium et le propergol, à des investissements de l'ordre de 10 millions d'euros, suite à un rapport de la direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (Drire). Parmi ces investissements figurent la construction d'un bâtiment de confinement pour le stockage de l'ammoniac, la modernisation du réseau incendie et la réduction du stockage de chlore (8 tonnes contre 120 tonnes avant le 21 septembre). Les productions qui pourront redémarrer comprennent également une petite partie des activités de synthèse de chimie fine non liées au phosgène. Ainsi SNPE prévoit de remettre en activité la fabrication de carbonate d'allyldiglycol (ADC) entrant dans la fabrication des verres organiques, une niche où SNPE n'a que deux concurrents, la filiale italienne de Great Lakes et l'américain PPG. De même dans le domaine phytosanitaire, SNPE reprendra la fabrication du thiazolinonethione, un intermédiaire pour la phénamidone, une nouvelle matière active d'un antimildiou de l'ex-Aventis CropScience. En revanche, l'hydrogénation des catalyseurs utilisés pour la production de vitamine A chez Roche devrait être arrêtée, du fait de l'arrêt du réformeur utilisé pour la production de monoxyde de carbone, entrant dans la fabrication du phosgène, et qui produisait également de l'hydrogène. Un dernier obstacle restera à franchir : l'obligation de " tout mettre en ?uvre afin que le périmètre de dangers des risques résiduels se limite à celui de l'entreprise ", a indiqué le gouvernement. SNPE a cinq ans pour se mettre en conformité avec cette décision. Reste aussi et surtout à trouver le financement, à la fois pour régler la question du plan social qui devrait être à l'ordre du jour du Comité Central d'Entreprise, le 18 juillet prochain, et trouver un financement au redéploiement dans le phosgène. Le ministre de l'Economie, Francis Mer, qui a reçu Jacques Loppion, le 2 juillet, n'a pour l'instant fourni aucune réponse aux questions du p-dg de SNPE. Cependant ce dernier devra intervenir, l'Etat étant actionnaire à 99 % de SNPE. C.C.


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Article extrait de Chimie Pharma Hebdo

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