Total veut améliorer la rentabilité de sa division Raffinage Chimie

Le 20 février 2012 par Julien Cottineau

Entre une demande affaiblie en fin d'année et quelques changements de périmètre, les marges de l'activité Chimie de Total ont fondu. A l'inverse des ventes.

«Nous avons fondamentalement été confrontés à une demande qui a faibli en fin d'année. Les marges de la pétrochimie se reconstituent mais sont encore faibles », note Patrick Pouyanné, directeur général de la branche Raffinage-Chimie de Total. Lors de la présentation des résultats 2011 du groupe, Christophe de Margerie, le p-dg, a lui aussi insisté sur le fait que les « activités de base, de pétrochimie et du raffinage font face à un environnement dégradé ». Ajoutant que la « rentabilité de 5 % pour l'ensemble Raffinage-Chimie est nettement insuffisante ». Ces commentaires viennent en partie étayer le résultat opérationnel net ajusté en baisse de l'activité Chimie de Total. Au 4e trimestre, il a reculé de 70 %, à 51 millions d'euros, notamment sous l'effet de celui de la chimie de base tombé dans le rouge, à -15 M€ (voir tableau). Celui des spécialités a, lui, fléchit de 28 %. Sur l'année 2011, Total publie ainsi un résultat opérationnel net ajusté en retrait de 10 %, à 775 M€. En plus de la détérioration des marges de la pétrochimie, notamment en Europe et aux États-Unis en fin d'année, le groupe justifie ces baisses via deux opérations conclues l'an dernier. D'abord la cession, pour 550 M€, d'une partie de ses résines à Arkema, en l'occurrence les résines de revêtement issues de Cray Valley et de Cook Composites Polymers et les résines photoréticulables de Sartomer (CPH n°557). Enfin, Total a cédé l'été dernier à International Petroleum Investment Company (IPIC) sa part dans le capital du pétrolier, mais aussi pétrochimiste, l'Espagnol Cepsa. Soit 48,83 % du capital pour un montant d'environ 3,7 Mrds €. La situation s'est par contre améliorée sur le plan des ventes. Le chiffre d'affaires a augmenté de 11 %, à 19,48 Mrds €. Si les ventes de la branche Spécialités se sont maintenues, à 6,82 Mrds €, celles de la chimie de base ont bondi de 19 %, à 12,66 Mrds €. Une performance due en particulier à la montée en puissance des activités du groupe en Corée du Sud ainsi qu'au Qatar, illustre Total. Dans l'émirat, le groupe a bénéficié de l'apport en année pleine des opérations du vapocraqueur de Ras Laffan démarré en 2010 (CPH n°507). Total détient, via ses diverses participations, un peu plus de 20 % de Ras Laffan Olefin Cracker (RLOC) qui opère ce vapocraqueur sur base éthane d'une capacité de 1,3 million de tonnes d'éthylène par an.

 

Sur le front des projets, Total ne manque pas de pistes pour sa pétrochimie. Au Qatar, il pourrait bénéficier du projet de Qatar Petroleum et de Qapco, dont il détient 20 % du capital, pour le développement d'un complexe pétrochimique à Ras Laffan (voir p. 5). A plus brève échéance, Total continue d'avancer sur son complexe d'aromatiques, prévu pour 2013 et adossé à une raffinerie, à Jubail, en Arabie saoudite, dans le cadre de sa coentreprise Satorp avec Saudi Aramco (37,5 % du capital chacun). En Asie, Total vient, aux côtés de son partenaire Samsung, de se lancer dans un projet de second complexe d'aromatiques sur leur site pétrochimique de Daesan, en Corée du Sud (CPH n°577). En Chine, des discussions ont été amorcées avec Sinopec et Kuwait Petroleum Corporation pour une plateforme raffinage-pétrochimie (CPH n°580). Et le groupe est aussi engagé dans un projet de méthanol-to-olefins (MTO) en Mongolie intérieure aux côtés de China Power Investment Corporation pour un potentiel complexe de polyoléfines (CPH n°528). Développé sur la plateforme belge de Feluy, en Belgique, le procédé MTO de Total vise avant tout un développement industriel en Chine.
 




Se lancer dans le gas-to-olefins aux États-Unis ?

L'acquisition par Total de 25 % dans des gisements de gaz de schistes à condensats dans le bassin de l'Utica (États-Unis, CPH n°576) n'ouvrira pas la voie à un projet de vapocraqueur supplémentaire aux États-Unis. Tout nouveau projet de vapocraquage serait cantonné au complexe pétrochimique dont le groupe dispose à Port Arthur, au Texas, en coentreprise avec BASF, selon Patrick Pouyanné, dg de la branche Raffinage-Chimie. Lequel ne ferme pas la porte à un éventuel projet de gas-to-olefins via l'opportunité d'Utica. « Un des intérêts des gaz de schistes pourrait être le gas-to-olefins. On peut potentiellement se dire qu'il y a peut-être quelque chose à faire dans ce domaine », explique Patrick Pouyanné.


Réagir à cet article
imprimer Ajouter à vos favoris envoyer à un ami Ajouter à mes favoris Delicious Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin Partager cette page sous Twitter S'abonner au flux RSS de France Chimie
A la une sur Chimie

Effectuer une recherche

Article extrait de Chimie Pharma Hebdo

Chaque lundi, l'essentiel de la chimie et de la pharmacie

 Contactez la rédaction
 Abonnez-vous


A suivre dans l'actualité

Stratégie
Social
Réglementaire
Reach

Sites du groupe

Usine Nouvelle Portail de l'industrie L'Echo Touristique Argus de l'Assurance

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus
 Publicité  Pour nous contacter  Conditions générales d’utilisation  RSS