Solvay en phase de transition

Le 02 mars 2018 par À Bruxelles, Julien Cottineau
Centre de recherche
de Solvay à Bollate,
en Italie.
Centre de recherche de Solvay à Bollate, en Italie.

Le géant chimique belge amorce une grande phase de transition. Après plus de cinq ans passés à considérablement remodeler son portefeuille, et porté par de bons résultats financiers, Solvay va s'attacher à se réorganiser au mieux, au moment où son top management est en refonte.

C'était la dernière présentation annuelle des résultats financiers de Solvay pour Jean-Pierre Clamadieu, le 28 février. Appelé à rejoindre Engie dans les prochains mois (CPH n°833), le p-dg actuel va laisser à son successeur un groupe qui a profondément changé depuis l'acquisition de Rhodia en 2011. « La moitié de nos activités n'étaient pas présentes il y a cinq ans », commente Jean-Pierre Clamadieu qui se dit très fier d'avoir permis à Solvay de se positionner désormais comme un champion des spécialités et des matériaux avancés. Des activités qui représentent actuellement environ 70 % du chiffre d'affaires global, avec notamment les acquisitions de Rhodia, de Chemlogics, et surtout du géant des composites pour l'aéronautique Cytec, en 2015 (CPH n°742). Tandis qu'au cours de ces cinq dernières années, Solvay a tourné la page des chlorovinyliques avec la cession d'Inovyn, celle des câbles d'acétate avec la cession d'Acetow, ou encore celle des polyamides, en cours de cession à BASF (CPH n°815).
 

Le patron de Solvay l'a réaffirmé : le temps n'est plus aux grands mouvements de portefeuille. « Nous avons terminé notre shopping », sourit même Jean-Pierre Clamadieu. En termes de croissance externe, le chimiste belge se concentrera désormais sur des petites acquisitions ciblées, en particulier en termes de technologies de pointe. La structure du portefeuille actuelle semble lui satisfaire, avec la moitié dans les matériaux avancés, un quart dans les formulations, et un dernier quart dans les « grands volumes ». Soit la partie peroxyde d'hydrogène et carbonate de soude, plus considérés comme des commodités mais qui permettent de « générer du cash » et d'apporter de l'équilibre à l'ensemble. Et puis ces activités occupent des positions de leader mondial sur leurs segments. En termes de balance géographique, Solvay s'est aussi profondément transformé en quelques années. Générant plus de la moitié de ses ventes en Europe en 2010, le groupe a réduit cette exposition à 29 %. En parallèle, ses ventes sont réparties à 30 % pour l'Asie, à 30 % pour l'Amérique du Nord, et à 11 % pour l'Amérique latine. Soit un équilibre plus confortable entre les trois grands continents.

Réorganisation et son amélioration opérationnelle

Pour 2018, Solvay projette ainsi se concentrer sur sa réorganisation et son amélioration opérationnelle. Devenu un champion des spécialités, le groupe se doit de traiter avec des clients plus exigeants en termes d'applications et de performances. Cette réorganisation ne se passera sans doute pas sans turbulences. Le départ anticipé de Jean-Pierre Clamadieu remue sans doute le comité exécutif, sachant que les candidatures sont examinées en interne mais aussi en externe. Il faudra aussi gérer le départ de Roger Kearns, membre du comité exécutif et en charge du segment Advanced Materials. Après 30 ans de carrière chez Solvay, cet Américain d'origine quittera le groupe au printemps pour retourner du côté de Houston et prendre de nouvelles fonctions, « plus du côté des commodités », nous a-t-il confié.
 

Dans ce contexte qui pourrait être délicat, Solvay peut au moins s'appuyer sur un bilan financier favorable à la sortie de son dernier exercice annuel. Le chiffre d'affaires a progressé de 5,8 % en 2017, à 10,12 milliards d'euros, sachant que certaines activités cédées ou en cours de cession ont déjà été retranchées. L'Ebitda sous-jacent a progressé de 7,5 %, à 2,23 Mrds €, soit une marge de 22 %, et le profit net a augmenté de 11 %, à 939 M€. Malgré une forte progression des volumes, de 8 %, le groupe belge a souffert de taux de change défavorables l'an passé. Par segment, les ventes des trois divisions ont progressé : +1,3 %, à 4,37 Mrds €, pour Advanced Materials, +11 %, à 2,97 Mrds €, pour Advanced Formulations, +7,2 %, à 2,77 Mrds €, pour Performance Chemicals. En 2018, Solvay table sur une progression de 5 à 7 % de son Ebitda sous-jacent, soit légèrement en dessous de l'an passé.


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Article extrait de Chimie Pharma Hebdo

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