Nova Chemicals reprendra le vapocraqueur de Williams à Geismar pour 2,1 Mrds $

Le 21 avril 2017 par Julien Cottineau

Le pétrochimiste canadien à capitaux émiratis a conclu un accord avec l'Américain Williams Partners pour prendre le contrôle de son complexe pétrochimique de Geismar, en Louisiane. Nova Chemicals s'acquitterait de 2,1 Mrds $ pour mettre la main sur son premier vapocraqueur sur le sol des États-Unis, alors qu'il vient de s'engager avec Total et Borealis pour un vapocraqueur au Texas.

Les ambitions américaines de Nova Chemicals sont d'envergure. Le pétrochimiste basé à Calgary (Canada) et détenu par International Petroleum Investment Company (IPIC, Abu Dhabi) depuis 2009, vient de signer avec le groupe énergétique américain Williams Partners pour l'acquisition de la filiale Williams Olefins. Laquelle est l'actionnaire principal et l'opérateur du complexe de Geismar, au sud de Baton Rouge en Louisiane (États-Unis). Montant estimé de la transaction : environ 2,1 milliards de dollars (1,95 Mrd €). L'opération devrait être conclue au cours de l'été 2017, et est assortie d'un contrat d'approvisionnement à long terme en éthane, par Williams Partners via son réseau de pipelines dans le Golfe du Mexique. Techniquement, en acquérant Williams Olefins, Nova met la main sur 88,46 % du complexe de Geismar. Le solde est détenu par le géant saoudien Sabic. L'opération permet aussi à Nova de prendre des parts, non spécifiées, dans un réseau de trading d'éthylène à Mont Belvieu, au Texas.

 

Des perspectives d'extension à Geismar

 

« Cette transaction nous octroie l'opportunité d'acquérir une usine opérationnelle immédiatement », s'est félicité Todd Karran. Le président et p-dg de Nova Chemicals est, sans surprise, ravi de trouver ainsi un moyen de diversifier d'emblée sa présence géographique et de « bénéficier d'un accès significatif aux ressources en gaz de schiste américaines et à une infrastructure logistique et pétrochimique bien établie ». Le complexe de Geismar repris dispose d'un vapocraqueur sur base 100 % éthane, d'une capacité d'environ 885 000 tonnes par an. Y sont installées aussi des capacités de près de 52 000 t/an de propylène de grade polymère, de 49 millions de litres de butadiène par an et de 53 Ml/an de concentrés aromatiques débutanisés. Nova note aussi que le site dispose de plus de 200 hectares de terrain non productif, ce qui laisse des perspectives d'extension. Par ailleurs, le site a été modernisé et les capacités d'éthylène renforcées de près de 50 % ces dernières années. En particulier suite à la terrible explosion d'une unité de fractionnement de propylène du complexe en juin 2013, qui avait causé la mort de deux salariés et blessé 167 personnes (CPH n°638).

 

Un vapocraqueur avec Total et Borealis au Texas

 

Cette acquisition américaine souligne le vif intérêt du pétrochimiste de produire des oléfines aux États-Unis. Elle intervient juste après l'engagement de Nova dans le projet d'un vapocraqueur aux côtés du géant français Total et de Borealis à Port Arthur, au Texas (CPH n°796). Mais ces productions ne devraient pas démarrer avant 2020 quand celles à Geismar sont déjà opérationnelles. Actuellement, Nova Chemicals, qui recense 2 700 salariés dans le monde et a affiché un chiffre d'affaires de 3,5 Mrds $ en 2016, est encore peu présent industriellement aux États-Unis. Cela se limite à deux sites de polystyrène expansé (PSE) à Monaca, en Pennsylvanie, et à Painsville, dans l'Ohio. Les productions d'oléfines et de polyoléfines sont implantées au Canada. Elles sont essentiellement réparties sur le complexe intégré de Joffre, dans l'Alberta, et le complexe de Sarnia-Lambton dans l'Ontario, qui lie en réalité trois sites : Corunna, Moore et Saint Clair River. Le site de Joffre compte trois vapocraqueurs sur base gaz d'une capacité combinée de 2,7 Mt/an d'éthylène. Il produit également du polyéthylène (PE) et des oléfines alpha linéaires. Le site de Corunna alimente en éthylène ceux de Moore et Saint Clair River pour leurs productions de PE. À Corunna, le vapocraqueur a été converti depuis 2014 pour être alimenté seulement en gaz naturel liquéfié, principalement de l'éthane mais aussi du butane et du propane. Cette année, une seconde conversion est en phase de finalisation pour atteindre une base 100 % éthane.


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Article extrait de Chimie Pharma Hebdo

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