Le groupe Solvay dévoile sa nouvelle organisation

Le 01 février 2013 par Sylvie Latieule
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LES 18 GLOBAL BUSINESS UNITS DE SOLVAY
LES 18 GLOBAL BUSINESS UNITS DE SOLVAY
©Source Solvay

Il n'aura fallu que 16 mois au groupe Solvay pour intégrer Rhodia et bâtir une nouvelle organisation. Le groupe est fin prêt pour démarrer un nouveau chapitre de son histoire, arborant un tout nouveau logo.

Alors qu'il s'apprête à fêter ses 150 printemps, le groupe Solvay vient de s'offrir une cure de jouvence avec la mise en place d'une toute nouvelle organisation. A la suite du rachat de Rhodia en 2011, le chimiste belge pesant 13 milliards d'euros et piloté par Jean-Pierre Clamadieu, vient de rebattre ses cartes. Désormais, il va s'appuyer sur 18 Global Business Units (GBU) qui disposeront d'une grande autonomie. Les patrons des GBU seront maîtres à bord et appliqueront des feuilles de route spécifiques à leur activité. Ces GBU seront localisées dans le monde entier. La France, par exemple, en abritera quatre : Solvay Energy Services à Paris et Silica, Engineering plastics et Polyamide &Intermédiaires à Lyon. La majorité de ces business units est apportée par Rhodia, société plus diversifiée. Solvay est surtout à l'origine des GBU Specialty polymers, Essential chemicals, Emerging biochemicals et ChloroVinyls. C'est un portefeuille étendu et diversifié, reconnaît Jean-Pierre Clamadieu. « Avoir beaucoup de métiers peut apporter de la complexité. D'où la décision de décentraliser », a-t-il ajouté. Il s'est dit néanmoins satisfait de ce portefeuille : « dans presque tous nos métiers, nous figurons parmi les 3 premiers mondiaux. Cela représente 90% du chiffre d'affaires ».

Ces 18 GBU ont été regroupées dans cinq plus grands ensembles ou « segments opérationnels ». Chacun reflète un business model spécifique et rassemble des activités présentant des caractéristiques communes et des dynamiques similaires. Le segment Consumer Chemicals a vocation à servir les marchés des biens de consommation. Il développe une offre en ligne avec les tendances fondamentales de la société, telles que la croissance démographique, l'augmentation du pouvoir d'achat dans les pays émergents, l'apparition de nouveaux modes de consommation, la demande pour des produits plus sûrs, plus durables et des solutions utilisant des matières premières d'origine renouvelable. Advanced Materials propose des applications de très haute performance pour l'aéronautique, les trains à grande vitesse, la santé, les pneus à basse consommation d'énergie, la dépollution automobile, les smartphones ou encore les batteries de véhicules hybrides. Performance Chemicals évolue dans des marchés résilients et matures. Les facteurs de succès de ce segment reposent sur les économies d'échelle, la compétitivité et la qualité de service. Functional Polymers rassemble la chaîne Chloro-vinyls et les activités Polyamide qui servent principalement les marchés de la construction, les infrastructures, l'automobile, électrique et électronique. Enfin, Corporate Business and Services comprend la GBU Solvay Energy Services et les Fonctions Corporate telles que Solvay Business Services et le centre de Recherche et Innovation.

La lecture de Jean-Pierre Clamadieu de ces segments opérationnels est que les deux premiers, Consumer Chemicals et Advanced Materials, sont des segments à très forte croissance où sera placé l'essentiel des investissements. Le troisième, Performance Chemicals, regroupe des métiers qui ont la capacité à générer du cash du façon pérenne, avec notamment l'activité carbonate de soude qui est au cœur de l'histoire du groupe Solvay. En revanche, la branche Functional Polymers avec les polyamides de Rhodia (3 GBU) et la chaîne chloro-vinylique de Solvay (3 GBU) souffre beaucoup. Le président attribue ces difficultés à la déconnexion des scénarios énergétiques entre l'Europe et l'Asie. Globalement, l'énergie constitue un poste central dans les achats du groupe. « L'an dernier, nous avons acheté pour 1,2 milliard d'euros d'énergie pour un chiffre d'affaires de 13 milliards d'euros », a-t-il expliqué. En ce qui concerne ces deux activités, le dirigeant a précisé que sa priorité était de les remettre sur pied et non pas de les céder. Mais les chances de succès sont minces dans les conditions actuelles. « L'arrivée massive de gaz aux États-Unis a conduit à une chute très brutale des prix qui sont aujourd'hui 4 fois inférieurs à ceux de l'Europe. Ceci nous amène à réagir, mais les efforts de compétitivité entrepris sur nos sites ne permettront pas de rattraper cette baisse brutale », a expliqué Jean-Pierre Clamadieu qui estime que l'Europe ne doit pas accepter cette déconnexion des scénarios énergétiques qui handicape les industriels européens.

A terme, le portefeuille de Solvay sera amené à évoluer au gré des opportunités « dans un sens ou dans un autre ». « Nous sommes prêts à faire des acquisitions pour renforcer notre croissance, comme nous l'avons récemment fait en Inde, ou pour renforcer des business units comme Novecare ou Specialty Chemicals », a déclaré Jean-Pierre Clamadieu. L'heure est néanmoins à la consolidation. L'enjeu est que l'organisation fonctionne. Les synergies annoncées de 400 M€ sont en bonne voie, mais doivent encore être finalisées.

Un comité éxécutif resserré

 

Tout cet ensemble est placé sous le contrôle d'un comité exécutif resserré, composé de six membres avec deux ex-Rhodia, le président Jean-Pierre Clamadieu et Gilles Auffret, et quatre ex-Solvay : Bernard de Laguiche, Vincent De Cuyper, Roger Kearns et Jacques Van Rijckevorsel. La mission de ce comité est d'élaborer la vision et la stratégie à moyen et long termes du groupe, tout en s'assurant de la réalisation des objectifs auprès des patrons de business.

La lisibilité de l'organisation l'est tout autant que l'ambition du groupe Solvay qui peut finalement se résumer en un seul chiffre : 3 milliards d'euros de résultat d'exploitation Rebitda en 2016. En 2011, ce chiffre s'établissait autour de 2 milliards d'euros. « Pour réussir à gagner un milliard de résultats, le message est qu'il va falloir se transformer en profondeur. Pour cela, nous allons actionner trois leviers : l'innovation, la croissance organique et l'amélioration opérationnelle », a détaillé le président Jean-Pierre Clamadieu. C'est donc avec cette nouvelle organisation que le groupe va fêter son 150e anniversaire. Un siècle et demi de chimie placé sous la protection d'un actionnaire de référence : la famille Solvay. Aujourd'hui, les descendants du fondateur, Ernest Solvay, détiennent toujours 30 % du capital à travers une holding de contrôle. Sept générations se sont succédé et les descendants entendent bien poursuivre leur engagement fort dans l'entreprise pour qu'elle puisse continuer à se développer. Selon Jean-Pierre Clamadieu, c'est grâce à l'engagement et à la stabilité de l'actionnariat que l'opération Rhodia-Solvay a pu être menée avec succès. En effet, entre la vente de la pharmacie de Solvay à Abbott et le rachat de Rhodia, 18 mois se sont écoulés, laissant dans les caisses de Solvay un trésor de guerre de 8 milliards d'euros qui aurait pu attirer la convoitise de tout autre investisseur, alléché par un dividende exceptionnel. Pour aborder cette nouvelle phase de son histoire, le groupe Solvay a engagé un chantier visant à bâtir une culture commune sur la base des cultures de ses deux anciennes entités. Le nom de Rhodia va disparaître partout dans le monde à l'exception du Brésil où il subsistera encore quelques années. Et un nouveau logo, le 8e dans l'histoire du groupe, a été dessiné. En France, où Solvay emploie 7 000 collaborateurs sur un effectif mondial de 30 personnes, tous les bureaux, usines et laboratoires devraient être en mesure d'afficher cette nouvelle identité visuelle, d'ici à cet été.

LE 8e LOGO DU GROUPE SOLVAY

Pour illustrer la profonde transformation dans laquelle il s'est engagé, le groupe Solvay a décidé de ce doter d'une nouvelle identité visuelle, la 8e dans l'histoire du groupe. La tâche a été confiée à l'agence Vincenti Design. « Le nouveau logo devait être fidèle à l'histoire de Solvay tout en le projetant dans le futur. Pour restituer cette identité à partir du logo existant, nous avons défini plusieurs axes créatifs en conservant le bleu, le S, la dynamique de mouvement inspirée par la flèche et l'ovale que l'on retrouve dans l'ellipse du nouveau logo. Avec cette proposition, nous voulions donner l'impression de rentrer dans un objet, comme si celui-ci était sculpté en 3D. Nous avons modélisé la forme sur ordinateur, entre le liquide et le solide, cœur du métier de Solvay », explique Laurent Vincenti, p-dg de Vincenti Design. Au-delà du logo, le groupe affiche également une nouvelle signature, « Asking more from chemistry*». « Cette signature reflète notre engagement à nous surpasser, à être de meilleurs chimistes, à faire toujours plus pour nos clients, à agir dans le respect de l'environnement et à mobiliser nos équipes autour d'un engagement commun », a déclaré Michel Defourny, directeur de la communication de Solvay.

* Demandons plus à la chimie


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Article extrait d'Info Chimie Magazine

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