L'UIC et Syntec Numérique s'associent

Le 01 août 2017 par Par Sylvie Latieule
* Mots clés : 
Les outils de la mobilité vont prendre une place croissante auprès des opérateurs de production.
Les outils de la mobilité vont prendre une place croissante auprès des opérateurs de production.
©Adisseo

L'industrie chimique s'est lancé le défi de la transformation digitale. Pour l'aider dans cette tâche, sa fédération professionnelle et le syndicat Syntec Numérique se sont associés. Dans un premier temps, il s'agit d'identifier des entreprises et start-up susceptibles de lui apporter des solutions adaptées.

Mobiliser l'industrie chimique française sur les enjeux de la transformation digitale, l'Union des Industries Chimiques s'y emploie depuis de longs mois. Premier acte fort, la fédération professionnelle s'est ralliée en novembre 2015 au programme Alliance Industrie du Futur, réunissant des industriels, des écoles d'ingénieurs d'organismes de recherche et techniques, le Conseil national de l'industrie (CNI) autour d'un projet commun de modernisation et de transformation de notre modèle industriel par le numérique. Puis, elle a réalisé une grande enquête sur la transformation digitale dans l'industrie chimique en collaboration avec les publications L'Usine Nouvelle et Infochimie magazine (voir Infochimie magazine mars 2017, p. 30). Entre autres conclusions, l'enquête a aussi mis en évidence la nécessité de mettre en relation les offreurs de solutions avec les industriels de la chimie : les premiers devant s'approprier les contraintes de l'industrie chimique, qui est notamment une industrie fortement réglementée, soumise à des réglementations telles que Seveso ou Atex, et les seconds devant exprimer leurs attentes vis-à-vis du digital. C'est pour répondre à cette préoccupation que l'UIC a organisé, le 19 juin dernier, des rencontres d'affaires en partenariat avec le syndicat Syntec numérique qui, fort de ses 130 adhérents, réunit des entreprises de services du numérique (ESN), des éditeurs de logiciels et des sociétés de conseil en technologies. Trois métiers qui se conjuguent pour accompagner les entreprises dans leur transformation numérique. « C'est une journée importante qui illustre la volonté que nos adhérents, issus de petites ou de grandes entreprises, soient au contact de l'industrie chimique pour travailler ensemble et que la transformation numérique entre dans les faits », a commenté Laurent Baudart, directeur général de Syntec Numérique. Lors de ces rencontres, près d'une vingtaine d'entreprises, adhérentes ou affiliées au Syntec Numérique, ont représenté le clan des « numérisants ». Les adhérents de l'UIC, celui des « numérisés ». Gilles Zuberbuhler, président de la commission innovation de l'UIC nationale, a déclaré : « l'innovation constitue un point important de notre culture ». Il a ajouté que, grâce à l'innovation, l'industrie chimique en France parvenait à rester compétitive face à des pays émergents. Mais « nous avons besoin d'aller plus loin et le numérique offre cette possibilité ».

 

Des technologies disruptives à assimiler

 

Pour comprendre les opportunités apportées par la transformation digitale, il faut commencer par bien assimiler les technologies disruptives qui arrivent à maturité et dont il faut s'emparer. Elles ont été rappelées par Yann Bègue, directeur de la branche consulting de GFI informatique qui a contribué à la publication du « Livre Blanc 2016, Industrie du Futur ». Dans ce rapport, le comité Industrie du Syntec numérique s'est attelé à publier une liste de technologies disruptives en lien avec la transformation digitale*. « Le prix de certaines technologies, comme les capteurs, a chuté de 1 à 100, parfois de 1 à 1 000 », a d'ailleurs déclaré Yann Bègue pour expliquer pourquoi le sujet perçait aujourd'hui. Pour les entreprises, toute la difficulté réside désormais dans leur capacité à faire des choix. Car plusieurs chemins peuvent être empruntés pour mener à bien une transition numérique. Néanmoins, le Syntec en a dessiné les grandes étapes : évaluer le degré de maturité de son entreprise vis-à-vis du numérique, identifier quelques opportunités d'innovation pertinentes en regard des priorités de l'entreprise (par exemple : réduire le temps de mise sur le marché d'un produit, réduire les coûts de maintenance, réduire les coûts de production...), lancer un concours d'idées en interne ou identifier une start-up, identifier des technologies et/ou des usages qui pourraient faire progresser l'entreprise, démarrer un projet en mode « lean start-up » (de manière itérative et à petite échelle), évaluer les enseignements (ROI, gains...). Et dans tous les cas, se faire accompagner !

Pour identifier ces accompagnateurs, ainsi que des offreurs de technologies et de solutions, l'organisation de journées de mise en contact entre « numérisants » et « numérisés » prend tout son sens. Forte du succès de ces premières rencontres d'affaires parisiennes, l'UIC et Syntec Numérique envisagent donc de décliner le concept en région Auvergne-Rhône-Alpes et en Nouvelle-Aquitaine. Et dans les colonnes d'Infochimie magazine, nous nous proposons de publier la première édition d'un « Annuaire des sociétés de la transformation digitale pour l'industrie chimique ». Publication que nous enrichirons et réactualiserons au fil des évolutions.

* Les technologies clés

Big data, Internet of Things (IoT), mobilité, réalité augmentée, réalité virtuelle, cloud computing, plateformes collaboratives en ligne, fabrication additive, cobotique

TÉMOIGNAGEADISSEO FINALISE LA FORMATION DE SES OPÉRATEURS SUR TABLETTE

Si la société Air Liquide est toujours présentée comme l'étendard de la transformation digitale dans l'industrie chimique, elle est loin d'être la seule entreprise à s'être intéressée au sujet. D'ailleurs, l'enquête Usine Nouvelle/InfoChimie magazine réalisée pour le compte de l'UIC avait démontré, en mars dernier, que 82 % des sociétés interrogées avaient déclaré être engagées dans la transformation digitale. C'est ainsi que la société Adisseo, leader mondial de la méthionine, a récemment fait la promotion d'un outil digital qu'elle a tout spécialement développé pour la formation de ses opérateurs au poste de travail. Alors que des enquêtes avaient récemment révélé des insatisfactions au niveau de ce type de formations, Paul Gaona, ancien opérateur, puis chef de quart, qui bénéficie d'une solide expérience dans les métiers de la production, a pris le sujet en main. « À chaque affectation à un poste de travail, un opérateur bénéficie d'une formation théorique et pratique supervisée par un tuteur et en compagnonnage. Mais les formations ne sont pas toujours homogènes et en cas de départ de salariés, il peut y avoir des pertes de connaissances et de savoirs. Autre constat : le niveau de formation des débutants n'est plus suffisant et l'industriel doit amener le complément », a-t-il ajouté. C'est dans ce contexte qu'Adisseo s'est associé à Olivier Bernaert, de la société FTR formation, pour monter le projet ADDIXYZ (contraction d'addiction (au digital) et de génération XYZ). Cette association a débouché sur le développement d'une application abritant un parcours de formation actuellement en cours de finalisation. « On amène les opérateurs sur le terrain à la découverte des équipements, munis de tablettes. Grâce à des vidéos et à des documents auxquels ils peuvent accéder avec des QR codes, ils ont accès à un ensemble de données importantes et complètent ainsi leur apprentissage. Puis, des quizz permettront d'accéder à l'étape suivante », a commenté Olivier Bernaert. Toute cette application a été entièrement développée en interne sur les deux sites français de Commentry et des Roches-Roussillon avec l'implication et la collaboration de tous les niveaux depuis l'opérateur jusqu'aux managers ! « La formation d'un opérateur à un nouveau poste de travail nécessite une dizaine de jours d'apprentissage théorique. Puis, l'opérateur est transféré dans une équipe sous la responsabilité d'un tuteur pour sa formation sur le terrain. Ensuite, on lui confiera la tablette pour compléter sa formation », conclut Paul Gaona qui, compte tenu des retours plus que positifs, travaille déjà à l'enrichissement de ce premier outil.


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Article extrait d'Info Chimie Magazine

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