Chocques, leader de l'alkoxylation pour Croda en Europe

Le 29 septembre 2017 par À Chocques, Julien Cottineau
L’atelier K68 inauguré le 26 septembre sur le site de Croda Chocques.
L’atelier K68 inauguré le 26 septembre sur le site de Croda Chocques.

Le chimiste britannique vient d'inaugurer un investissement de 18 millions d'euros sur son site de Chocques pour la construction d'une ligne de production de tensio-actifs. Le site nordiste, qui a bénéficié de 45 M€ d'investissements ces dix dernières années, se pose désormais comme le principal centre d'alkoxylation de Croda en Europe.

Croda aurait pu investir en Asie, au Royaume-Uni, en Espagne ou encore aux États-Unis. Mais le chimiste britannique a porté son choix sur le site de Chocques (Pas-de-Calais) pour renforcer ses capacités d'alkoxylation. « Nous avons bien défendu ce projet qui disposait d'une bonne intégration », se félicite Robert Khoury, directeur général du site. Cerise sur le gâteau, la concrétisation du projet fait aujourd'hui de l'usine nordiste le principal centre d'alkoxylation du groupe sur le continent européen. Croda a investi 18 millions d'euros dans ce projet mené en deux ans. Baptisé K68, le nouvel atelier permettra à l'usine d'augmenter de 20 %, au minimum, ses capacités, lesquelles s'élèvent actuellement à 26 000 tonnes par an. Inaugurée officiellement le 26 septembre, la ligne de production a été mise en service en mai dernier et a depuis produit 46 « batchs ». Le projet a permis de créer 15 postes, pas encore tous pourvus, ce qui portera à terme les effectifs du site de Chocques à 172 salariés. Enfin, l'usine française devient par la même occasion plus flexible. Conçu dès le départ avec l'idée de pouvoir y produire des spécialités pour la pharmacie, l'atelier K68 est aux normes GMP et dispose des technologies les plus exigeantes. Différents lots d'une même famille de produits peuvent être fabriqués simultanément sur cette ligne de production, avant un cycle de lavage complet de la ligne et de son réacteur pour éviter toute contamination. Les productions pourront aussi être adaptées en fonction de la demande, sachant que les tensioactifs qui y sont produits s'adressent à de nombreux marchés, comme ceux de la cosmétique, des phytosanitaires, de la pharmacie, des lubrifiants de spécialité, des polymères ou encore de l'extraction pétrolière et minière. Soit des marchés considérés en forte croissance par le groupe. De plus, l'atelier K68 permet à Croda Chocques d'ajouter une dizaine de produits aux 250 déjà fabriqués sur place.

Fondée en 1927, l'usine nordiste vient tout juste de fêter ses 90 ans. Après son démarrage sous les couleurs de Marles-Kuhlmann, elle était tombée depuis 1985 dans le giron de l'ancien géant britannique ICI, avant d'être acquise par Croda en 2006. En dix ans, le groupe britannique y a investi un total de 45 M€. D'anciennes lignes de production vieillissantes ont été démantelées sur ce site qui recense aujourd'hui 22 hectares dont 12 construits. En 2010, Croda a relocalisé sur place des productions d'un autre site, renforçant les productions de l'usine, entièrement aux normes GMP de la pharmacie et de la cosmétique, vers les secteurs des soins du corps et de la pharmacie. Des investissements ont permis d'agrandir et de moderniser la station d'épuration afin de traiter sur place les effluents, un projet effectif depuis mai 2011. Il y a deux ans, Croda Chocques a également finalisé la construction de deux chaudières modernes afin de renforcer les deux qui étaient en place, via un investissement de l'ordre de 3 M€. Ces chaudières ne servent qu'à seulement 10 % des besoins de l'usine en vapeur. Depuis des années, 90 % de la vapeur utilisée provient d'un centre adjacent de valorisation des déchets. Reste que l'investissement concédé pour K68 demeure le plus important sur le site, en matière de production, « depuis une quinzaine d'années », commente Robert Khoury. Sur le front de l'emploi, les effectifs nets ont progressé d'une cinquantaine de postes entre 2009 et 2017.

Le site de Chocques a probablement aussi séduit le groupe pour certaines spécificités. Il dispose de son propre laboratoire et de pilotes de production pour le développement, l'optimisation des procédés, ou encore la fabrication de petits lots commerciaux. Enfin, l'usine est résolument tournée vers l'international. 89 % de ses ventes sont générées à l'export. 52 % sur les marchés de l'UE, hors France, et 37 % dans le reste du monde. En tout cas, Croda semble compter sur cette usine pour l'avenir. D'ailleurs, cet investissement pour K68 ne « sera pas le point final », a affirmé Maarten Heybroek lors de l'inauguration. Le président de Croda pour la région Europe a précisé que le groupe souhaitait « continuer de développer le site pour le rendre encore plus moderne, plus flexible, et plus profitable ».

Chiffres clés de Croda

  • Chiffre d'affaires de 1,24 Mrd £ (environ 1,4 Mrd €) en 2016
  • Fondé en 1925 4 200 salariés dans 36 pays
  • 67 sites, 18 usines et 18 centres de R&D dans le monde
  • Trois sites industriels en France : Sederma à Le Perray-en-Yvelines (Yvelines, actifs cosmétiques), Crodarom à Chanac (Lozère, extraits botaniques), Croda Chocques (Pas-de-Calais, tensioactifs)

 


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