Avec Leaf, Lesaffre déploie son offre de biotechnologies industrielles

Le 13 novembre 2017 par Alexane Roupioz
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Inauguration d'une unité de séchage de levure aux États-Unis, mise sur le marché d'une souche pour la production de bioéthanol de génération 1,5, développement de solutions pour les acteurs de la chimie biosourcée : Lesaffre renforce son implantation sur un marché en pleine croissance aux États-Unis.

En 2012, la société américaine Mascoma met sur le marché américain du bioéthanol les premières levures génétiquement modifiées qui, au-delà de leur activité de fermentation, sont capables de produire les enzymes indispensables à l'hydrolyse préalable de l'amidon. La commercialisation de ces nouvelles levures aux États-Unis élargit le champ du possible pour le secteur. « Avec l'arrivée des OGM sur le marché, les industriels veulent améliorer la rentabilité de leur usine grâce à l'utilisation de micro-organismes de plus en plus sophistiqués : il y a donc une forte croissance en valeur du marché de la levure aux États-Unis », constate Didier Masy, directeur général de Lesaffre Advanced Fermentations (Leaf). En diminuant significativement la quantité d'enzymes à acheter, les micro-organismes génétiquement modifiés réduisent les coûts des procédés de fermentation. Et la modification génétique de leur métabolisme permet de limiter les coproduits, et donc d'améliorer les rendements carbone/éthanol. Face à cette dynamique du secteur, le groupe français Lesaffre souhaite concentrer ses efforts sur une offre de produits et services plus spécialisés à ses partenaires de l'industrie du bioéthanol 1G et 2G. En mars 2014, le spécialiste des solutions de fermentation à haute valeur ajoutée crée la business unit Leaf. « Lesaffre ne souhaite pas utiliser d'OGM en alimentation et santé. La création de Leaf a permis de regrouper au sein d'une seule et même unité les solutions à base d'OGM qui étaient déjà développées pour la production de bioéthanol de deuxième génération », explique Didier Masy.

 

Industrialiser des solutions de fermentation


 

La création de cette business unit a aussi été l'occasion de diversifier l'activité du groupe puisque Leaf propose désormais des solutions pour les fabricants de produits chimiques biosourcés obtenus par fermentation. Sur ce nouveau marché, l'expertise de Leaf est principalement basée sur l'industrialisation des solutions de fermentation. À partir d'une preuve de concept, les compétences et le savoir-faire de Lesaffre sont mis à profit pour améliorer la robustesse d'une souche, puis proposer des solutions pour que le milieu et le programme de fermentation soient industrialisables. Et pour accompagner leurs partenaires dans ce sens, le groupe a inauguré en janvier 2017 une unité de séchage de levure en Alabama, aux États-Unis. Des équipements industriels qui lui permettent de répondre au mieux aux besoins de ses clients. Par ailleurs, le groupe français a été le premier à mettre sur le marché une souche pour le bioéthanol 2G capable de fermenter à la fois des sucres en C6 et en C5. Une technologie qui pourrait permettre à Lesaffre de se positionner sur un marché émergent aux États-Unis : le biocarburant de génération 1,5. La production de bioéthanol 1G génère des coproduits, des fibres de matière première non fermentées qui n'ont pas été transformées sous l'action des enzymes saccharifiantes. Mais l'utilisation d'enzymes cellulosiques permet d'hydrolyser ces fibres de maïs pour récupérer des sucres en C5 et en C6 qui peuvent être à leur tour consommés par des levures spécifiques. L'Américain ICM, par exemple, a mis au point un procédé pour obtenir ainsi de l'éthanol cellulosique à partir des coproduits de première génération. Outre-Atlantique, des pilotes fonctionnent déjà.

 

Optimiser la production d'éthanol 1G


 

Les volumes traités sont faibles, mais en termes d'investissement cela permet de s'affranchir des coûts et du challenge industriel que représentent encore le prétraitement dans les usines de production d'éthanol 2G. « En ajoutant une seule opération unitaire, l'hydrolyse des coproduits, il est possible d'obtenir 5 à 10 % d'éthanol cellulosique dans une usine 1G. Une quantité suffisante pour bénéficier des subventions accordées sur la production d'éthanol 2G aux États-Unis », ajoute Didier Masy. Si Leaf est présent aujourd'hui sur ces marchés, c'est parce que dès 2008, Lesaffre a lancé ses premiers programmes de recherche sur la fermentation de produits issus de l'hydrolyse de biomasse lignocellulosique. Le groupe voulait développer une solution de fermentation commerciale qui permette aux fabricants d'appliquer sur la 2G le business model qui avait fait leur succès sur le marché du bioéthanol conventionnel. C'est avec cette même volonté d'anticiper les besoins et évolutions du secteur que Lesaffre participe actuellement au programme de recherche collaboratif européen BioC4 (voir encadré), pour le développement d'une souche de levure et de procédés de production d'isobutanol à partir de matières premières de deuxième génération. « Avec quatre carbones, l'isobutanol a un pouvoir énergétique supérieur à celui des biocarburants actuels. Il y a fort à parier que dans quelques années, des industriels seront intéressés par des levures qui permettront d'en produire », confie Didier Masy.

Lesaffre, partenaire de projets collaboratifs

Depuis son lancement en 2008, Lesaffre est partenaire R&D du projet français Futurol qui ambitionne de mettre sur le marché un procédé, des technologies et des produits pour fabriquer du bioéthanol 2G. Le groupe apporte son expertise pour fournir les souches de levure les plus performantes dans le procédé qui sera développé. À l'échelle européenne, le groupe apporte son expertise pour l'optimisation de la production d'éthanol 2G pour Energo Chemica. Baptisé Bioskoh, ce projet devrait aboutir à la construction d'une bioraffinerie de 55 kt. Et en partenariat avec Global Yeast, l'INRA et les universités de Francfort et de Hohenheim, Lesaffre participe au projet BioC4 pour le développement de technologies autour du bio-isobutanol, une molécule d'intérêt pour élaborer des composés chimiques de base à haute valeur ajoutée.


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Article extrait de Chimie Pharma Hebdo

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